Le sabre file dans l'espace à défier la lumière
Les têtes tranchées ne sont pas encore tombées
Qu'une perle de sang accepte un éclat de soleil
Dans le vide s'abreuvent les déités du nectar des coeurs vaillants
Tandis qu'un rayon d'amour impossible à cerner
Caresse le tranchant de cette arme-esprit invisible aux cieux vulgaires
On ne peut rien attraper par les voies usuelles
La vitesse dépasse la pensée
Mais le geste simple et doux, la tendresse dans ton regard
Font sourire les étoiles de l'aube jusqu'à la nuit
Et c'est toujours maintenant
dimanche 30 mars 2008
mardi 25 mars 2008
Le bordel, certes, mais mesquin
En restant simplement assis, l'esprit attentif à tous les phénomènes, pas mal d'agitation se présente aux portes de nos consciences. D'où certains doutes sur la réalité de ce cirque non pas frisant mais avalant le ridicule selon, puisqu'il faut bien relativiser les choses, un minimum d'humanité, de bon sens, de bonté si possible voire même d'intelligence, ce mot qui sonne parfois creux tellement on se demande ce qu'il signifie. Tu sais bien, on a souvent besoin d'exemples lorsqu'il s'agit de comprendre. Là, tu te retrouves tout seul avec ces doutes sur les raisons du comportement totalement irrationnel des humains de ce temps, en tout cas tel qu'il nous est véhiculé par le monde médiatique. Il faut bien jauger - et je n'ai pas rajouté par inadvertance de a entre le j et le u, c'est volontaire - en fonction de nos cultures, de nos éducations, de nos sensibilités construites à l'aune de nos traditions ancestrales et de notre héritage génétique. Ça devient dur. Tout le monde dit tout et le contraire de tout. Les politiciens connaissent cette propension sous le terme : « langue de bois ».
Quelque part on s'en fout, camarade, on en a tellement vu et entendu que nous savons à quoi nous en tenir sur la marche des choses.
Nous sommes en 2008, année adoptée par toute une planète comme mesure de temps et je fais bien sûr référence à l'actualité mondiale, nationale, jusqu'à celle du village où tu résides, dans ce magnifique Lubéron, incognito, pour t'adonner sans être dérangé à l'épanouissement de ton art musical. Bien entendu je ne m'abaisserais pas à mentionner toutes les folies - selon ma jauge encore une fois - qui me font t'écrire ces babioles mentales. C'est juste pour entretenir le contact et m'assurer, si c'était possible, que je ne suis pas complètement timbré.
Moi-même, tu le sais, je vis comme un ours qui grogne dès qu'on frappe à la porte. Pour être bienvenu il faut apporter la ration de miel.
La philosophie Kantienne nous laisse un espoir face à tous ces doutes. La notion de «noumène» qui suppose une réalité à laquelle nous n'avons pas accès, une sorte d'absolu qui serait à l'origine de tout phénomène.
Au moins, il nous est permis de voir toutes ces guerres, ces violences aberrantes, ces cris de fureur et de douleur comme un simple spectacle effrayant et pas du tout drôle parfois dont on ne pige pas la mise en scène.
Apparemment, nous vivons dans un monde de victimes et de bourreaux. Ça ne change guère de ce que l'on a appris dans nos livres d'histoire, en somnolant plus ou moins sur les bancs de l'école laïque et obligatoire...
Tout ça manque d'humour et ça peut se comprendre : qui aurait la force de faire de l'humour en enfer ?
Quelques vieux grecs du 6º siècle avant cette ère l'ont pourtant essayé, alors qu'ils se trouvaient dans des situations plus que brûlantes. Mais c'était il y a longtemps et ces gars solides s'appelaient péripatéticiens, philosophes quoi.
Que leur nom ait été Zénon d'Élée ou Anaximandre, voire Diogène qui ne se laissait pas émouvoir par l'infortune même en tant que marchandise dans une vente aux esclaves loin de chez lui.
On en rit aujourd'hui...
Bref, le bordel nous cerne....les cons aussi peut-être, comme l'aurait dit le camarade Coluche disparu sur une route de Provence en s'envolant sur un nuage, laissant là moto et corps meurtri.
Malheureusement ce bordel résonne mesquin, petit, sans respiration. Seulement des hoquets, des geignements, des petits grognement de rage, des sussurements de désir, des râles et une quantité d'autres borborygmes par dessus une masse de douleur évidente.
Je resterai donc idiot à contempler ces tristesses, en priant l'invisible que la pièce s'achève au plus vite et que tout le monde s'en réjouisse avec la force vivante et belle de la joie de vivre.
Quelque part on s'en fout, camarade, on en a tellement vu et entendu que nous savons à quoi nous en tenir sur la marche des choses.
Nous sommes en 2008, année adoptée par toute une planète comme mesure de temps et je fais bien sûr référence à l'actualité mondiale, nationale, jusqu'à celle du village où tu résides, dans ce magnifique Lubéron, incognito, pour t'adonner sans être dérangé à l'épanouissement de ton art musical. Bien entendu je ne m'abaisserais pas à mentionner toutes les folies - selon ma jauge encore une fois - qui me font t'écrire ces babioles mentales. C'est juste pour entretenir le contact et m'assurer, si c'était possible, que je ne suis pas complètement timbré.
Moi-même, tu le sais, je vis comme un ours qui grogne dès qu'on frappe à la porte. Pour être bienvenu il faut apporter la ration de miel.
La philosophie Kantienne nous laisse un espoir face à tous ces doutes. La notion de «noumène» qui suppose une réalité à laquelle nous n'avons pas accès, une sorte d'absolu qui serait à l'origine de tout phénomène.
Au moins, il nous est permis de voir toutes ces guerres, ces violences aberrantes, ces cris de fureur et de douleur comme un simple spectacle effrayant et pas du tout drôle parfois dont on ne pige pas la mise en scène.
Apparemment, nous vivons dans un monde de victimes et de bourreaux. Ça ne change guère de ce que l'on a appris dans nos livres d'histoire, en somnolant plus ou moins sur les bancs de l'école laïque et obligatoire...
Tout ça manque d'humour et ça peut se comprendre : qui aurait la force de faire de l'humour en enfer ?
Quelques vieux grecs du 6º siècle avant cette ère l'ont pourtant essayé, alors qu'ils se trouvaient dans des situations plus que brûlantes. Mais c'était il y a longtemps et ces gars solides s'appelaient péripatéticiens, philosophes quoi.
Que leur nom ait été Zénon d'Élée ou Anaximandre, voire Diogène qui ne se laissait pas émouvoir par l'infortune même en tant que marchandise dans une vente aux esclaves loin de chez lui.
On en rit aujourd'hui...
Bref, le bordel nous cerne....les cons aussi peut-être, comme l'aurait dit le camarade Coluche disparu sur une route de Provence en s'envolant sur un nuage, laissant là moto et corps meurtri.
Malheureusement ce bordel résonne mesquin, petit, sans respiration. Seulement des hoquets, des geignements, des petits grognement de rage, des sussurements de désir, des râles et une quantité d'autres borborygmes par dessus une masse de douleur évidente.
Je resterai donc idiot à contempler ces tristesses, en priant l'invisible que la pièce s'achève au plus vite et que tout le monde s'en réjouisse avec la force vivante et belle de la joie de vivre.
dimanche 23 mars 2008
Le coeur du sujet et sa suite
Et voilà : une tasse de thé agrémentée de quelques gouttes de Bushmills tandis que nos amis braillards commentent le match qui s'affiche sur grand écran chez «Michael Collins »...
Peine, douleur, opprobre, ostracisme, erreurs, faiblesses, lâchetés, enfers très personnels ne sont que quelques amuse-gueules qui ont parsemé cette mienne existence. Leur accorder trop de crédit n'est pas raisonnable.
Lorsque le calme retombe sur le lieu des combats, on se soigne si c'est possible, on se fait recoudre, on prend le temps de se regarder : le repos du guerrier, quoi.
Et là, tirer de la vie son suc unique même sous la forme d' un alcool fort, parfois, est une priorité. Laissons les bien commodes désespérances à ceux qui en sont friands en savourant ces moments de grâce pour nous-mêmes et peut-être, ô intelligence profonde, pour ceux qui nous ressemblent.
Le champ s'élargit par la magie de la pensée et ce ridicule petit être que l'on rencontre devant un miroir de temps à autre se fond dans cette explosion lente de vies et d'étoiles.
Un petit sourire le matin à cette gueule un peu large, juste pour l'estime, ce n'est pas du tout pour jouer les Narcisse mais seulement pour reconnaître l'un d'entre nous tâchant de garder la tête hors de l'eau pour un moment. Un sourire en coin, humour que diable !
Et un reste de chaleur dans la poitrine qui jaillit par miracle lorsqu'un autre regard est croisé, juste pour un peu de bon thé, de bonté avec ou sans irish whisky : l'exquise gratuité de l'instant et voir un autre visage sourire pour enrichir ne serait-ce qu'un tout petit peu une journée vécue par quelqu'un d'autre...
Sympa quand même, léger, une pierre d'espace ajoutée à l'infini édifice qui ne sera jamais revendiqué par personne.
Peine, douleur, opprobre, ostracisme, erreurs, faiblesses, lâchetés, enfers très personnels ne sont que quelques amuse-gueules qui ont parsemé cette mienne existence. Leur accorder trop de crédit n'est pas raisonnable.
Lorsque le calme retombe sur le lieu des combats, on se soigne si c'est possible, on se fait recoudre, on prend le temps de se regarder : le repos du guerrier, quoi.
Et là, tirer de la vie son suc unique même sous la forme d' un alcool fort, parfois, est une priorité. Laissons les bien commodes désespérances à ceux qui en sont friands en savourant ces moments de grâce pour nous-mêmes et peut-être, ô intelligence profonde, pour ceux qui nous ressemblent.
Le champ s'élargit par la magie de la pensée et ce ridicule petit être que l'on rencontre devant un miroir de temps à autre se fond dans cette explosion lente de vies et d'étoiles.
Un petit sourire le matin à cette gueule un peu large, juste pour l'estime, ce n'est pas du tout pour jouer les Narcisse mais seulement pour reconnaître l'un d'entre nous tâchant de garder la tête hors de l'eau pour un moment. Un sourire en coin, humour que diable !
Et un reste de chaleur dans la poitrine qui jaillit par miracle lorsqu'un autre regard est croisé, juste pour un peu de bon thé, de bonté avec ou sans irish whisky : l'exquise gratuité de l'instant et voir un autre visage sourire pour enrichir ne serait-ce qu'un tout petit peu une journée vécue par quelqu'un d'autre...
Sympa quand même, léger, une pierre d'espace ajoutée à l'infini édifice qui ne sera jamais revendiqué par personne.
mercredi 19 mars 2008
Le coeur du sujet
L'apanage de la souffrance, de la douleur sous toutes ses formes, des plus violentes aux plus subtiles - pas forcément moins intenses - n'appartient à personne.....Et appartient à tout le monde en même temps.
Un guerrier des plus nobles l'a enseigné il y a de nombreux lustres sous plusieurs aspects. Il fallait bien que ce soit un guerrier, quelqu'un n'ayant pas froid au coeur.
Il fallait donc davantage que le sang glacé d'un serpent à sonnettes pour s'imposer une discipline aussi âpre que généreuse afin de démêler le vrai du faux et offrir la quintessence du fruit en un banquet universel où tout être vivant est convié.
La folie est naturelle pour l'être humain. Son cerveau regorge de circuits complexes qu'il a bien du mal à gérer. Il se complaît facilement dans une attitude de fonctionnaire de l'existence, surpris souvent par des exigences émotionnelles auxquelles il appose des formules mentales bien commodes pour contenter les psychiatres et les philosophes de l'absurde. Sans compter des actes barbares ou délicats en accompagnement n'ayant pas plus de sens qu'une rotation dans l'infini de l'espace...
Que faire alors dans ce magma de différences, de nuances et de violentes couleurs ?
La réponse est là, bien présente et intime, sans miroir aux alouettes.
Avec cela un peu de bon thé ne fait de mal à personne.
Plus quelques douceurs pour améliorer l'ordinaire.
Et mes aigreurs d'estomac pour confirmer le tout.
Un guerrier des plus nobles l'a enseigné il y a de nombreux lustres sous plusieurs aspects. Il fallait bien que ce soit un guerrier, quelqu'un n'ayant pas froid au coeur.
Il fallait donc davantage que le sang glacé d'un serpent à sonnettes pour s'imposer une discipline aussi âpre que généreuse afin de démêler le vrai du faux et offrir la quintessence du fruit en un banquet universel où tout être vivant est convié.
La folie est naturelle pour l'être humain. Son cerveau regorge de circuits complexes qu'il a bien du mal à gérer. Il se complaît facilement dans une attitude de fonctionnaire de l'existence, surpris souvent par des exigences émotionnelles auxquelles il appose des formules mentales bien commodes pour contenter les psychiatres et les philosophes de l'absurde. Sans compter des actes barbares ou délicats en accompagnement n'ayant pas plus de sens qu'une rotation dans l'infini de l'espace...
Que faire alors dans ce magma de différences, de nuances et de violentes couleurs ?
La réponse est là, bien présente et intime, sans miroir aux alouettes.
Avec cela un peu de bon thé ne fait de mal à personne.
Plus quelques douceurs pour améliorer l'ordinaire.
Et mes aigreurs d'estomac pour confirmer le tout.
lundi 17 mars 2008
Apparitions
Décemment allongé sur mon lit, rêvassant sans me prendre au jeu
Il apparaît que ce corps doté de consciences trempe dans l'espace absolument seul
Alors qu'un certain silence me susurre qu'il n'en est rien
Mes pensées - ou celles d'un autre, finalement qu'importe - s'amusent en tous sens
Et quelque chose essaye de distinguer l'immédiate et simple réalité de ce qui est
Je m'imagine sous de nombreuses formes aux couleurs variées
Il est vrai que cela repose car c'est un acte de pure gratuité, un lien créé par la magie de l'intuition, de la confiance spontanée issue, crois-je, de l'intelligence telle que l'humain peut parfois la vivre : une vue directe des choses.
Allons, basta des explications compliquées à propos de ma tranquillité nuancée d'un certain vertige : le monde est vaste, profond et il paraît que tout a été dit ? Mais non, bien sûr. Certaines choses se répètent à la manière des mouvements d'une danse rythmique mais ce n'est jamais la même chose. Et puis pourra-t-on un jour avoir tout dit ? Cela signifierait la fin ! .....Les mots dansent comme les corps ou les rêves , tous contenus dans l'esprit. L'esprit n'est pas une notion et c'est bien la seule chose dont il soit impossible de parler sans dire à chaque fois une syllabe de trop ou de pas assez ou de pas assez clair. Des indices peut-être, des clés, des allusions qui nous titillent suffisamment pour nous permettre d'exercer ce regard pénétrant en restant assis ou même couché ( une de mes positions corporelles préférées ).
Ce regard qui ne peut être associé à rien d'autre qu'à la nature humaine totalement nue, dépouillée de toute forme d'artifice mental ou autre.
Allons, je vois bien que je m'égare une fois de plus dans ces ratiocinations et ça va devenir ennuyeux. Résumons alors :
Je trempe dans l'espace silencieux avec mes rêves en guise de jouets
Sachant par foi pure que le voyage est immense et ne cesse jamais
Je guette les apparitions de mon amour secret
Et ris de le sentir à mes côtés lorsque je chante en murmurant
Rien n'est jamais perdu hors la croyance stupide en cette fiction d'un moi tout seul
Inventée de toute pièce.
J'ai compris que les ermites se cachent pour une simple raison : ne pas être dérangés par de légers importuns, des fâcheux ou des fâcheuses qui nuiraient à l'élaboration de cet éternel banquet où tout ce qui vit est perpétuellement convié.
Il apparaît que ce corps doté de consciences trempe dans l'espace absolument seul
Alors qu'un certain silence me susurre qu'il n'en est rien
Mes pensées - ou celles d'un autre, finalement qu'importe - s'amusent en tous sens
Et quelque chose essaye de distinguer l'immédiate et simple réalité de ce qui est
Je m'imagine sous de nombreuses formes aux couleurs variées
Il est vrai que cela repose car c'est un acte de pure gratuité, un lien créé par la magie de l'intuition, de la confiance spontanée issue, crois-je, de l'intelligence telle que l'humain peut parfois la vivre : une vue directe des choses.
Allons, basta des explications compliquées à propos de ma tranquillité nuancée d'un certain vertige : le monde est vaste, profond et il paraît que tout a été dit ? Mais non, bien sûr. Certaines choses se répètent à la manière des mouvements d'une danse rythmique mais ce n'est jamais la même chose. Et puis pourra-t-on un jour avoir tout dit ? Cela signifierait la fin ! .....Les mots dansent comme les corps ou les rêves , tous contenus dans l'esprit. L'esprit n'est pas une notion et c'est bien la seule chose dont il soit impossible de parler sans dire à chaque fois une syllabe de trop ou de pas assez ou de pas assez clair. Des indices peut-être, des clés, des allusions qui nous titillent suffisamment pour nous permettre d'exercer ce regard pénétrant en restant assis ou même couché ( une de mes positions corporelles préférées ).
Ce regard qui ne peut être associé à rien d'autre qu'à la nature humaine totalement nue, dépouillée de toute forme d'artifice mental ou autre.
Allons, je vois bien que je m'égare une fois de plus dans ces ratiocinations et ça va devenir ennuyeux. Résumons alors :
Je trempe dans l'espace silencieux avec mes rêves en guise de jouets
Sachant par foi pure que le voyage est immense et ne cesse jamais
Je guette les apparitions de mon amour secret
Et ris de le sentir à mes côtés lorsque je chante en murmurant
Rien n'est jamais perdu hors la croyance stupide en cette fiction d'un moi tout seul
Inventée de toute pièce.
J'ai compris que les ermites se cachent pour une simple raison : ne pas être dérangés par de légers importuns, des fâcheux ou des fâcheuses qui nuiraient à l'élaboration de cet éternel banquet où tout ce qui vit est perpétuellement convié.
lundi 10 mars 2008
La goutte d'océan

Tirée de la surface d'une mer chaude
Une goutte est-elle différente de l'immensité de son origine ?
Bien sûr unique elle s'évapore aussitôt pour rejoindre les nuages et le cycle continue...
Moi, corps et âme et consciences je me promène en rasant les murs de cette ville aujourd'hui embuée de grisaille, dans ce décor respirant parfois l'ennui, en quête d'une île tropicale perdue dans un océan. Soudain, apparaissant par magie, un pub irlandais débouche du coin de la rue. Moi ou lui peu importe c'est bien entendu l'évidence du débouchage qui nous rend proches, le pub et moi...Vous avez compris.
Un peu de fumée à l'intérieur, des gorges chaudes à l'accent des îles du peuple Angle, quelques litres de Guinness qui passent d'une barrique en dur à d'autres barriques plus souples et je m'assied en contemplant du coin de l'oeil une jeune beauté blond-châtain qui circule entre les tables un plat ou un verre à la main.
Un grand écran diffuse, comme par hasard, le match de rugby Italie-France, comptant pour le tournoi annuel des six nations.
L'oeil au charme céleste de la serveuse se pose sur ma ventripotence puis scotche son regard au mien, la question au bord de ses lèvres. Je les aurais bien touchées des miennes si l'usage nous avait permis ces impulsions barbares.
Je me contentai donc de lui commander un Paddy's irlandais du meilleur crû accompagné d'un panini bacon et Brie.
Comme celà repose la vue de regarder virevolter une fille au minois harmonieux et aux formes grâcieuses !
Le match commençait bien et en force avec deux fois quinze taureaux maculés de boue se rentrant dans le chou sans aucune vergogne.
La première gorgée de nectar irlandais réchauffa mon oesophage comme une caresse. Comment ne pas se remémorer alors l'océan immense dont nous étions tous tirés. Les vapeurs chatouillantes du whisky parcouraient rapidement mes veines et dilataient déjà les vaisseaux fantômes de ma cervelle.
L'idée curieuse qui me sauta alors à l'esprit fut que l'empathie est naturelle pour les êtres vivants. Cela n'a rien de sentimental. Encore que...Le sentiment fait sûrement partie de ladite. Mais tous issus d'un soi-disant «big-bang», nous sommes une famille très serrée, très unie.
Bien sûr, crois-je, il y a plus vaste que cette vision des choses même si elle n'est déjà pas mal pour vivre ensemble sans se taper dessus les uns les autres autrement qu'à la manière virile et sympathique de ces joueurs puissants comme des buffles.
Voilà. Une ville grise, un pub vivant, une boisson spirituelle, une jolie serveuse et le gars moi-même pour un cocktail de bon augure...
lundi 3 mars 2008
Les griffures de la concupiscence par exemple
Galamment je m'incline sur cette main encore douce aux ongles parfaits
Les effleure d'un soupçon de baiser à l'ancienne
Comédien dans l'âme, le désir bien ancré dans le ventre
Et ce côté cabotin qui ne me quittera jamais
Heureusement poussé par une once de lucidité
Je me vois en ce cirque ridicule et généreux
Scellant les paradoxes comme le fonctionnaire ses dossiers
Mû par l'essence de mes sens, désirs à assouvir absolument quoiqu'il en coûte
Sans voir au même instant les fondations de ma prison qui se construisent
Allègrement.
Au diable l'avarice, je reste tel qu'en lui-même
Ce diablotin comique et pas trop dévastateur
Jouant des révérences en ne pensant qu'à lui
Reste le point brillant bien caché qu'il faudra bien un jour
déposer sur les bords d'un regard absolu.
Les effleure d'un soupçon de baiser à l'ancienne
Comédien dans l'âme, le désir bien ancré dans le ventre
Et ce côté cabotin qui ne me quittera jamais
Heureusement poussé par une once de lucidité
Je me vois en ce cirque ridicule et généreux
Scellant les paradoxes comme le fonctionnaire ses dossiers
Mû par l'essence de mes sens, désirs à assouvir absolument quoiqu'il en coûte
Sans voir au même instant les fondations de ma prison qui se construisent
Allègrement.
Au diable l'avarice, je reste tel qu'en lui-même
Ce diablotin comique et pas trop dévastateur
Jouant des révérences en ne pensant qu'à lui
Reste le point brillant bien caché qu'il faudra bien un jour
déposer sur les bords d'un regard absolu.
La misère
Face à l'échec, au doute, à la méprise, à l'erreur
J'offre le présent de mon insatiable rêve
La beauté jamais perdue qui se joue de la torpeur
Des réalités banales à pleurer de nos vies sans trêves
Edith l'a chanté et l'a souffert
À mon tour d'ajouter ce peu de lumière
Issu de l'essence de ma misère
De l'insignifiance d'un moi qui s'est perdu dans l'univers
Derrière les barreaux de ma prison construite on ne sait comment
Je regarde mes évasions furtives et encore peureuses
À quand le grand amour qui jamais ne ment
Faut-il assister à toutes ses déchirures le sourire aux lèvres
Et même le chaud au coeur malgré des pensées frileuses
Ou simplement voler sur le béton de cette prison trop mièvre
Comment faire sans les ailes de la solitude
Sans l'espace de la liberté
Sans l'ivresse de donner
Et celle de recevoir aussi pour bien la combler ? La douleur m'a offert la beauté
La joie m'a donné des ailes
L'erreur les a brûlées
Pas de regrets éternels, ni fleurs ni couronnes
L'humour reste, léger
L'amour survole, amusé
Pas de tristesse pour les réprouvés, les bannis
Les esseulés de la tendre enfance
Il y a toujours une source quelque part
Où tremper ses lèvres, mouiller ses mains
Et continuer à aimer.
C'est naïf, peut-être niais mais indestructible.
J'offre le présent de mon insatiable rêve
La beauté jamais perdue qui se joue de la torpeur
Des réalités banales à pleurer de nos vies sans trêves
Edith l'a chanté et l'a souffert
À mon tour d'ajouter ce peu de lumière
Issu de l'essence de ma misère
De l'insignifiance d'un moi qui s'est perdu dans l'univers
Derrière les barreaux de ma prison construite on ne sait comment
Je regarde mes évasions furtives et encore peureuses
À quand le grand amour qui jamais ne ment
Faut-il assister à toutes ses déchirures le sourire aux lèvres
Et même le chaud au coeur malgré des pensées frileuses
Ou simplement voler sur le béton de cette prison trop mièvre
Comment faire sans les ailes de la solitude
Sans l'espace de la liberté
Sans l'ivresse de donner
Et celle de recevoir aussi pour bien la combler ? La douleur m'a offert la beauté
La joie m'a donné des ailes
L'erreur les a brûlées
Pas de regrets éternels, ni fleurs ni couronnes
L'humour reste, léger
L'amour survole, amusé
Pas de tristesse pour les réprouvés, les bannis
Les esseulés de la tendre enfance
Il y a toujours une source quelque part
Où tremper ses lèvres, mouiller ses mains
Et continuer à aimer.
C'est naïf, peut-être niais mais indestructible.
samedi 1 mars 2008
Coeur en miettes
Elle mourut le regard perdu baigné d'un amour impossible à dire
Pas assez de souffle, ses derniers instants
Et mon coeur se brisa, sanguinolent
Je sais bien que ce n'est qu'un rêve, une scène de l'existence humaine
Elle est pourtant là, mêlée aux cognements rapides de cet organe qui me laisse vivre encore un peu
Des larmes d'adolescent sorties du fond de ma poitrine mouillent mes joues chaudes et leur paille teintée de rouille,
Donner tout, mes forces vives, ma présence attentive sans cesse, mon invisibilité, mon inexistence,
Le sang de mon sang
Pour la voir sourire et mourir à son regard, m'y mêler à jamais
Oublier l'illusion d'une sordide séparation
D'un moi tout seul transpercé de tristesse
Dans un monde où la beauté, où toutes les merveilles se rapportent à elle,
Son visage, sa vie, chaque contour de ses lèvres, ses paupières telles les voiles de paradis célestes insoupçonnés, ses cils magiques, sa voix qui me tue et me fait renaître
Balloté dans cet océan furieux où l'écume des vagues est le nectar de la félicité
J'erre dans cette vie sans but, sans aucune cible
Je suis là dans cette infinie misère sans espoir
Avec seulement cet amour total pour elle à chaque picoseconde
À attendre la mort sans même y penser
Peut-être est-ce une vie vécue en vain
Dans le vide de sa présence, de son absence et de ma douleur solitaire
Cette douleur se mêlant au silence du ciel.
Pas assez de souffle, ses derniers instants
Et mon coeur se brisa, sanguinolent
Je sais bien que ce n'est qu'un rêve, une scène de l'existence humaine
Elle est pourtant là, mêlée aux cognements rapides de cet organe qui me laisse vivre encore un peu
Des larmes d'adolescent sorties du fond de ma poitrine mouillent mes joues chaudes et leur paille teintée de rouille,
Donner tout, mes forces vives, ma présence attentive sans cesse, mon invisibilité, mon inexistence,
Le sang de mon sang
Pour la voir sourire et mourir à son regard, m'y mêler à jamais
Oublier l'illusion d'une sordide séparation
D'un moi tout seul transpercé de tristesse
Dans un monde où la beauté, où toutes les merveilles se rapportent à elle,
Son visage, sa vie, chaque contour de ses lèvres, ses paupières telles les voiles de paradis célestes insoupçonnés, ses cils magiques, sa voix qui me tue et me fait renaître
Balloté dans cet océan furieux où l'écume des vagues est le nectar de la félicité
J'erre dans cette vie sans but, sans aucune cible
Je suis là dans cette infinie misère sans espoir
Avec seulement cet amour total pour elle à chaque picoseconde
À attendre la mort sans même y penser
Peut-être est-ce une vie vécue en vain
Dans le vide de sa présence, de son absence et de ma douleur solitaire
Cette douleur se mêlant au silence du ciel.
mardi 26 février 2008
Entre routines et catastrophes
Baladin des abîmes, je m'efforce pafois de conduire cette vie sur un sol ferme
Mais, retrouvant toujours assez vite les vertiges de l'inconsistance, ma vie ressemble plus à de mouvants fantasmes qu'à un cheminement logique.
Bien sûr je sais des méthodes parfaites pour déguerpir de ces marais noyés de brouillards...
Mais, encore un mais de plus, on dirait qu'un être humain n'est pas si simple à conduire. Faire l'aurige n'est déjà pas facile, que dire alors du pilotage d'une Formule Un voire d'un avion de combat supersonique. Inutile donc d'évoquer ce rapport complexe entre nos consciences diverses et ce cerveau, héritage magnifique et ô combien délicat.
Une fois encore, un rai de lumière passe entre les fissures de cette inconcevable complexité. Inconcevable lumière aussi dont je ne sais comment ni à qui elle parvient. Cependant, sans réfléchir, de l'autre côté du miroir sans tain je peux absorber ce don
évident comme le nouveau-né avale sa première goulée d'air.
C'est tout naturel. Pourquoi chercher à savoir ? Le presque noyé se pose-t-il des questions sur le bras qui, surgi des abysses, l'empoigne et le laisse sain et sauf sur la terre mère ?
On dirait que les organes, le système nerveux, les perceptions sensorielles en leur entier participent de ces fissures intemporelles qui nous baignent d'un optimisme vivant, comme s'il était possible de sortir d'un tunnel aussi noir qu'effrayant.
Rêves, cauchemars d'enfant, distorsions mentales, autant d'esclavages potentiels, sauf....Sauf si....Justement....(Et celà me vient tout seul en ce même instant), sauf si, d'une franche spontanéité, elle même issue d'une franche ouverture de ce moi insubstantiel nous pouvions dilater à l'infini cette confiance aussi irréversible qu'inexplicable. Cette confiance en tout : les vivants, les morts, le temps, le ciel, ce que l'on ne voit ni ne comprend pas - ce qui ne ferait pas de nous des imbéciles, bien sûr, confiance ne signifiant pas aveuglement mais plutôt absence de peur. Et les neurones fonctionnent toujours....
Reste la douleur. Douleur plus confiance, voilà qui nécessite un minimum d'étude. Cependant Confiance permet à Douleur d'être assumée par une force plus grande parce que Confiance dépasse ce moi de misère puisque Confiance s'étend sans limites. Logique, non ?
À partir de cet instant magique, Confiance signifie que je ne suis plus seul, mais plus seul du tout. C'est peut-être à ce moment précis qu'il est possible d'écouter, d'entendre, de regarder, de voir, de dépasser les trop anciennes limites et puis, entre routines et catastrophes, de vivre au grand air de la musique des sphères.
Mais, retrouvant toujours assez vite les vertiges de l'inconsistance, ma vie ressemble plus à de mouvants fantasmes qu'à un cheminement logique.
Bien sûr je sais des méthodes parfaites pour déguerpir de ces marais noyés de brouillards...
Mais, encore un mais de plus, on dirait qu'un être humain n'est pas si simple à conduire. Faire l'aurige n'est déjà pas facile, que dire alors du pilotage d'une Formule Un voire d'un avion de combat supersonique. Inutile donc d'évoquer ce rapport complexe entre nos consciences diverses et ce cerveau, héritage magnifique et ô combien délicat.
Une fois encore, un rai de lumière passe entre les fissures de cette inconcevable complexité. Inconcevable lumière aussi dont je ne sais comment ni à qui elle parvient. Cependant, sans réfléchir, de l'autre côté du miroir sans tain je peux absorber ce don
évident comme le nouveau-né avale sa première goulée d'air.
C'est tout naturel. Pourquoi chercher à savoir ? Le presque noyé se pose-t-il des questions sur le bras qui, surgi des abysses, l'empoigne et le laisse sain et sauf sur la terre mère ?
On dirait que les organes, le système nerveux, les perceptions sensorielles en leur entier participent de ces fissures intemporelles qui nous baignent d'un optimisme vivant, comme s'il était possible de sortir d'un tunnel aussi noir qu'effrayant.
Rêves, cauchemars d'enfant, distorsions mentales, autant d'esclavages potentiels, sauf....Sauf si....Justement....(Et celà me vient tout seul en ce même instant), sauf si, d'une franche spontanéité, elle même issue d'une franche ouverture de ce moi insubstantiel nous pouvions dilater à l'infini cette confiance aussi irréversible qu'inexplicable. Cette confiance en tout : les vivants, les morts, le temps, le ciel, ce que l'on ne voit ni ne comprend pas - ce qui ne ferait pas de nous des imbéciles, bien sûr, confiance ne signifiant pas aveuglement mais plutôt absence de peur. Et les neurones fonctionnent toujours....
Reste la douleur. Douleur plus confiance, voilà qui nécessite un minimum d'étude. Cependant Confiance permet à Douleur d'être assumée par une force plus grande parce que Confiance dépasse ce moi de misère puisque Confiance s'étend sans limites. Logique, non ?
À partir de cet instant magique, Confiance signifie que je ne suis plus seul, mais plus seul du tout. C'est peut-être à ce moment précis qu'il est possible d'écouter, d'entendre, de regarder, de voir, de dépasser les trop anciennes limites et puis, entre routines et catastrophes, de vivre au grand air de la musique des sphères.
vendredi 22 février 2008
La vérité

Une tasse de thé au bord des lèvres
Un nuage de lait mouvant
Un peu de sucre roux pour adoucir le breuvage
Et ton visage de joconde avec le charme en plus
La vallée embuée en ce matin paisible, sans personne, sans toît fumant
Les parois de la caverne suintent, même pas une onde de vent
De quoi être secoué de rire lorsque passe une simple pensée de ce monde
Aussi déformé que la goutte de lait se mélangeant sans cesse au thé noir
Alors le rêve, l'art du soi-disant imaginaire ( comme si le ciel ne dépassait pas tout hahaha )
La couleur sans vérité ni mensonge disposée dans le désordre
Et la musique du silence pour divertir l'immensité
lundi 18 février 2008
Trouvé éperdu

Une grande cité, une mégapole, sais-tu à quoi cela peut bien servir cher camarade et ami (depuis le temps qu'on communique on peut au moins utiliser d'autres mots que ceux conseillés par le Parti ) ?
Je vais t'offrir une réponse issue de mes cogitations et aventures slaves, c'est à dire nimbées d'un certain irrationnel.
Un gars du passé, un italien sympa nommé Alighieri- Dante pour les intimes - fit un voyage ( avec un ami nommé Virgile ) en Enfer. La description poétique dudit Enfer ne manque pas de sel ni de poivre. Neuf cercles concentriques à parcourir en s'enfonçant parmi les douleurs qu'exhalent les damnés, classés selon leurs vices. Faut-il y voir la moindre note d'humour ? Quelque part il me semble que oui, de façon totalement cachée ou par référence à certains de ses contemporains...
D'autre part comment ne pas penser à ces mégapoles du vingt et unième siècle où l'on côtoie facilement l'horreur par cercles concentriques jusqu'au bout d'un caniveau ? Bien sûr les trottoirs sont propres puisque les techniciens de surface ne manquent pas, il y a donc une autre route à emprunter pour se rendre dans les couloirs forés par Lucifer.
Je te propose donc les couloirs de conscience entrouverts dans le regard des citadins lorsqu'ils déambulent sur le bitume. Il y a souvent de quoi s'émouvoir, lorque tu es bien luné cela va sans dire, en ressentant du fond de ton coeur un courant chaud qui veut donner la vie et le bonheur en transformant ce magma en lac de montagne aux eaux pures.
Mais toi-même, bien souvent, tu n'es guidé que par un désir, une peur ou un stress ou encore par le mélange des trois, par un néant à combler. Rarement tu marches en regardant la lumière émanant du soufre, du froid morbide, de l'agitation et des tripes fumées. C'est pourtant un tel jour que j'ai rencontré l'artiste.
Oeil brillant, sourire affleurant, invisible et totalement présent. Ce jour-là, camarade et ami, j'ai eu de la chance. Mon foie était tranquille, tout fonctionnait normalement. Il était assis à la terrasse d'un café pittoresque comme tu en rencontre souvent dans les rues de Bruxelles. Il dégustait un ballon de vin rouge sa guitare posée à côté de lui, sur un siège vacant.
J'étais assis pas trop près, pas trop loin, dans l' état d'esprit de celui qui savoure une bonne détente après une semaine chargée. Du coin de l'oeil j'observais l'artiste. Il portait un feutre noir. Puis d'un seul coup son regard m'aspira. On aurait dit que sa conscience balayait tout sur trois cent soixante degrés. Imagine ma surprise lorsqu'il tira son instrument de sa boîte, moi collé à son image, davantage même : collé à son esprit ! ....
Les notes s'envolèrent avec ma dernière once de lucidité.
Lorsque je revins, j'étais toujours assis et l'artiste était parti. Comment décrire les quelques siècles de voyage que je venais de parcourir ?....Seule la poésie pourrait en donner une idée. Je n'étais plus moi, pas plus d'ailleurs qu'un autre. J'étais seulement là, avec une infinité de souvenirs et ce sentiment étrange que mon monde se mouvait en cercles, qu'il était vaste, clair et tout ici. Comme l'aurait exprimé le vieux Chief Dan George sous son teepee, mon coeur volait tel un faucon.
Ha ha ! J'étais amoureux, mon vieux. Amoureux sans personne sur qui foncer tel le faucon sur sa proie! Ha ha ha ! Tout ça sans alcool !
J'ai de nouveau évoqué l'ami Dante qui se dissipa aussitôt. Puis je compris que ces enfers pouvaient aussi bien en faire autant mais je n'étais même plus sûr de leur existence.
Et voilà. Les grandes cités, les mégapoles ou la vie tribale dans les plaines, peu importe camarade, on s'adapte...
jeudi 7 février 2008
Premier matin d'offrande

Soleil encore perdu dans les étoiles
Fraîcheur d'avant l'aube
Ils sont sortis de leur lit de torpeur pour honorer de leur coeur pur
Le premier souffle de l'année.
Même perdus dans ces terres de l'Ouest aux accents d'Asie montagneuse
Ils retrouvent par magie le fil de la toile sans bordures
Réchauffés aux pieds de ce lotus-trône-de-lion
Par cet amour avalant tout l'espace et tous les temps
Si simple
lundi 4 février 2008
Recette première partie.

Prenez quelqu'un d'ordinaire. Vous rajoutez en mélangeant un environnement humain partagé, c'est à dire ondoyant entre facilités, difficultés, divers déséquilibres ( ce dernier mot avec tout ce qu'il comporte de relativités ), voire quelques catastrophes suivies de moments paisibles, quelques paysages envoûtants, un désert torride plus une ou deux mégalopoles grouillantes de bipèdes affairés. Vous nappez le tout d'une sauce génétique épicée, d'histoires d'amour, de haines, de peurs avec un zeste de poésie innée. Le résultat varie selon les lieux et les circonstances de la préparation. En bref, le bipède omega sortira du moule.
à ce moment alpha vous pouvez servir tel quel.
Les variations de goût, de parfum, de sensations tactiles, de décors sonores, d'un ensemble visuel très diversifié et de consciences dans le désordre vous laisseront pantois. Sensation garantie.
Le conseil du chef est d'agrémenter le tout d'un grand crû. Là réside le secret : le choix du nectar.
Les possibilités sont nombreuses mais il en est une sans étiquette, royale à tous points de vue, offrant juste ce qu'il faut d'ivresse et de délectation pour apprécier cette vie issue d'une recette cosmique pour le moins complexe.
Puisque ce nectar n'a pas de nom, il faudra le constituer. Autrement dit chaque convive devra le générer par lui-même, avec au bout du compte une promesse de félicité. Ha ha ha, cher camarade, ça se corse n'est-ce pas ? Pas de panique, le tout est assez simple. Il suffit de quelques conditions de bases évidemment indispensables.
Tout d'abord la conscience très festive d'appartenir à un ensemble convivial de premier choix.
Secondement, du fait des intempéries possibles et autres évènements inattendus, rester concentré sur la tâche sans te laisser distraire.
Troisièmement avoir bien à l'esprit la méthode infaillible pour cette composition exquise, sans droit à l'erreur.
Enfin, ne souhaitant rien d'autre que d'aboutir, envoyer ballader toute autre occupation physique ou mentale.
À partir de ce point, cher camarade, tu es prêt à créer ton chef d'oeuvre.
La suite quand tu auras bien digéré ces premiers points...
dimanche 3 février 2008
Mammifères verticaux, plus ou moins

Y a pas, mais cette masse molle sillonnée de routes tortueuses est bien à l'image de ce que vivent les mammifères debout. Un labyrinthe parcouru par des êtres largués au hasard des coïncidences, sans lampe et sans plan - ce qui serait gigantesque pour ce dernier - errant sottement entre absurde ( c'est une notion en effet ) et constructions factices. Bref, étant un expérimentateur parmi tous les autres de cette cervelle tapée dans ma boîte crânienne, s'il y a une chose qui est claire c'est que l'on ne s'en sortira pas intact. D'ailleurs y-a-t-il entrée et sortie ? La seule chose qui peut encore nous faire rêver, c'est la liberté. La poésie ultime de la vie réunissant les corps, les forêts, les rivières,les océans,les montagnes, les planètes, les étoiles et les superstructures galactiques. C'est bien tout cela. Mais qui voit ? Cet espèce d'animal à peu près conscient ? Cet amoureux de la matière ou du rêve lui-même ? Qui est-il s'il vous plaît, c'est assez limité et frustrant tout cela...
Nous sommes bien en prison, qu'on le veuille ou non... Ou alors......La seule solution entrevue par magie ( c'est le dessert de notre existence, cette magie ) serait le dépassement complet de toutes ces formes de conscience issues, évidemment, de notre lien vital entre un moi assoiffé dont la réalité floue apparaît comme une étrange fiction et un corps dont les multiples combinaisons nerveuses nous ramènent sans cesse à ce moi qui a mal ou qui jouit. Pfffffffffffff....Et qui peut lui-même faire mal ou faire plaisir à d'autre corps...
Y a moyen, c'est sûr, dès que tu entrevois l'impossibilité de toute forme de solitude, cher camarade tombé par inadvertance sur ces lignes transversales, de dépasser tout ça et de dissoudre nos inconvenantes visions étiques.
Finalement, le maître mot est : soulagement. Du coup, heureux et léger, on se prend naturellement d'affection pour tout ce qui vit....
Comment s'y prendre ? Quel raccourci utiliser ? Ha Ha Ha, camarade !
La suite au prochain numéro !
lundi 28 janvier 2008
Le sonnet du 28

Quelles sont ces lucioles surgies de la nuit ?..
Deux nouveaux points d'or pour fixer le temps qui s'enfuit ?
Non, mes amis, c'est le regard d'Amazone galopant sur les nuages
Parmi les éclairs, la foudre et la pluie brillante lissant son délicieux visage
Des naseaux de la monture souffle le vent du sud
Accouru du Nefoud plein de sables et de folies
Elle chevauche en guerrière, autant noble que prude
Tenant les rênes d'un doigt sûr et d'un coeur qui frémit
Pour nous, passants du dérisoire
Il est bon, parfois, de voir
La beauté en furie
D'entendre les cris de la félicité
Lorsque la cravache déchire nos voiles de damnés
Et qu'Amazone, un instant, nous sourit.
samedi 19 janvier 2008
mordre au travers

Machette, coupe-coupe, tringle du regard, pas d'états d'âme sur cette voie dangereuse où le chemin se trace à la force des tripes et à l'aisance du rasoir, sans dommages collatéraux. L'urgence enfouie sous les couches de conscience transpire par bribes. Confusions des attaques nombreuses, rire sardonique issu de nulle part, dépôt de bilan, abrutissement: tout égare.
Sur les bords de la Boutonne aux eaux glacées de Janvier, sinueuse entre ces verdures charentaises toutes de charme vêtues, il respire par saccades, mendiant du regard un appui voire une ombre. Seule aide, cette faim qui le tenaille, ce désir d'un repas noble et bien arrosé face aux chais du port de Saint-Jean. Plus rien n'est compréhensible, entre les naissances et les morts accumulées, la morale, la vie sociale, les buts absurdes ou les cibles mouvantes de son esprit dissolu.....
Seuls le souffle, la crampe de l'estomac, le rêve d'un ultime repas au son glorieux des verres qui trinquent le maintiennent en vie.
Bon, après tout n'est-il pas préférable de s'asseoir afin d'examiner la situation....
Tandis qu'un rire silencieux le secoue, dernière résurgence d'un système nerveux en état de marche, il voit s'approcher ce vieil homme à la casquette fanée et à la braguette pendante....Qui s'arrête, le regard candide, et d'un geste prononce l'invitation à se lever pour rejoindre cette table dressée comme par magie sous ce chêne un peu plus loin. Mais oui, bien sûr, allons-y cher vieux bonhomme.
Là, merveille: flacons aux nuances rouge sombre, plats débordants de venaisons, poissons décorés de leur herbes parfumées, olives vertes et noires, huiles, sauces, petits pains chauds, salades aux accents colorés, beurre ambré au sel des Charentes heureuses et mille plaisirs encore...
Il se dit, pour finir, que la vie est belle. Mieux vaut la prendre comme une femme offerte, sans façons mais avec élégance...
Il se leva et suivit son amphitryon, cet ambassadeur de l'hospitalité d'un pays vert et plus galant encore
lundi 14 janvier 2008
Une belle journée à célébrer

Un beau jour dans le ciel, les nuages, les soleils et même les lunes. À vivre en glissant sur les comètes tout en plaisantant avec les dieux en mode mineur, en chevauchant les diables pour les remercier de leurs pitreries illusoires.
Faisant fi de la douleur générée par les fous qu'elle avale sans y penser, la quintessence de toutes les beautés, la poésie de l'univers s'étend partout.
Les fous s'apaisent, les victimes s'amusent, les affamés se détendent et les tyrans, ces fameux tyrans, les distorsions de nos esprits, s'abaissent pour caresser la tête d'un enfant.
samedi 5 janvier 2008
La dimension du rêve pour dissoudre l'illusion

Émergeant d'un sommeil inouï, après un rêve très explosif, certain grain de sable vit naître quelques consciences au sein d'une des nombreuses galaxies peuplant cet univers en permanente création...Sortant un jour de l'océan primordial, un têtard devint femme...Lorsque soudain, bercé par le soleil et la lune, un rayon chaud pointé par Vénus, au son d'un léger rire de gorge, dessina sur la planète bleue l'ombre d'un homme... Les deux seuls êtres alors au monde mélangèrent un souffle unique en spirales de beauté et renvoyèrent aux étoiles ce regard vivant, embué d'émotion, qui précéda le cri...
...Une histoire comme tant d'autres sous la voûte céleste, alors que je lis mon journal assis dans le métro parisien. Les passagers ronronnent leur bavardages mentaux tandis qu'un calme surprenant, invisible, envahit mon espace vital. Une présence pareille à l'énergie d'une centrale nucléaire, face à moi sur le siège vide. Indescriptible mouvement sphérique, rayons lasers multiples traversant les corps et moi muet, ravi par cette étonnante pureté issue de nulle part. Rien d'autre à part cette évidence d'être témoin d'un acte gratuit et parfait.
Vois-tu, camarade, il y a tant de choses en ce monde que je ne m'effraie même plus de l'inimaginable et je te relate les faits tels quels...Pas entièrement cependant... puisqu' il y avait quelqu'un ce jour-là, face à moi, lorsque cette force se manifesta. Un homme impavide. Sous la chair humaine, je compris en un instant la vanité des apparences, le pouvoir de l'esprit sur toute chose...Et puis je n'avais pas de journal... J'étais au contraire suprêmement attentif... Pourtant rien ne s'était passé, de manière sottement visible, durant ces quelques secondes. Avais-je rêvé ?.. Pas plus, en tout cas, que je ne rêvais cet espace relativement étroit où nous étions tous confinés...
Aujourd'hui ma mémoire est restée fidèle puisque cet instant date d'il y a quelques décennies.
Je viens même de rêver à travers les yeux de deux êtres d'une autre planète temporelle à ce qui meut le coeur des vivants. Et j'ai compris que la dimension du rêve était la mienne, plus forte que les cauchemars environnants que l'on appelle trop souvent réalité, auxquels nos peurs nous soumettent.
Cela m'a rendu la liberté, la solitude immense et l'ouverture sans nom qui peut dissoudre tous maux, même mes propres rêves lorsque je découvre, justement, que je suis loin d'être seul.
dimanche 30 décembre 2007
Passages

La nouvelle année dite solaire, basée sur l'un de ces cycles figés inventés par des hommes étranges, entrouvre ses portes... Qui passera où ?.. Je serais bien en peine de le décrire. Les passages sont nombreux, intervalles entre nos naissances et nos morts, nos moments de grâce et nos expériences des enfers, le va-et-vient des amours, des emmerdes ( pour citer Aznavour ), des mille histoires d'une vie, ces banalités exaspérantes parfois. Mon coeur balance entre des milliards de consciences à travers époques et contrées et une profondeur dépassant tous mes concepts, un lieu où le nombre, le nom, la forme, toutes les sensations, toutes les perceptions, les émotions les plus variées s'enroulent en gigue légère sur le balcon de l'univers.
Mes frères sioux, cheyennes ou algonquins savent à quoi colle mon rêve. La cérémonie sacrée n'est pas celle qui croûle sous les orgues d'une cathédrale gothique encensée et gigantesque, pesant sur des milliers d'épaules comme une terreur crispée. Elle vient de cette chaleur vive sous le poitrail, celle qui génère tous les courages dans une hutte de sudation ou dans la forêt après quelques jours de jeûne solitaire en attente de la vision. Les cerveaux ne sont pas séparés des coeurs qui pompent le sang chaud lorsque l'on prie Wakan Tanka, lorsque ces petites pensées, ces mouvements mentaux dérisoires ne rident même plus la surface de notre esprit.
Chaque situation signifiante est alors l'occasion d'une danse, d'une offrande au ciel inaltérable, d'un chant venu des tréfonds de la vie elle-même.
Où es-tu, tribu sacrée qui m'a fait voir l'amour simple, brut et l'harmonie en toutes choses ?
mardi 25 décembre 2007
Nativité ou naissance ?

Noël à l'envers c'est Léon - on ne va pas se crisper sur des accents - et donc léonin. Le roi des animaux au rugissement vainqueur, c'est assez plaisant comme image plutôt que celle d'un sapin dont le bois sert, c'est bien connu, à la fabrication des cercueils. Bel arbre au demeurant, évocateur de montagnes enneigées et d'étoiles par millions. Pas de guirlandes de crânes, hélas, ce symbole non chrétien ferait peur à tout le monde. Bien dommage d'ailleurs que ce soient les peurs qui façonnent, en fin de compte, la pratique des religions. Elles n'insistent jamais beaucoup sur des vues saines et amorisantes. Parce que tous les discours que ces religions génèrent finissent toujours par la condamnation de quelque chose ou de quelqu'un... Heureusement que ce dernier nom commun n'est utilisé qu'en une seule partie. Alors... Nativité, étoile du berger et tutti quanti... Telle histoire issue du Rig-Veda et des upanishads bien avant que les rois mages dans le désert ne poursuivent un scintillement céleste... En bref les hommes ont besoin de poésie et de rêve. À force de s'entretuer de toutes les manières possibles, visibles et invisibles, une petite pause s'impose. Peu importe, finalement, que ce soient toujours les mêmes histoires qui se transmettent d'une religion plus ancienne à une autre plus récente. Ce qui compte, c'est de vivre un instant avec le coeur nu et non encore déchiré d'un enfant. Une nouvelle naissance chaque année, une nouvelle chance donnée, n'est-ce pas là la réalité du message ?
dimanche 9 décembre 2007
Aube

Voila la pointe du grand est piquant le ciel de sa première chaleur. Pour nous offrir la vue et la vie. À nous, dérisoires petits monceaux de chair outrée de sang sale, nains gesticulants, pontifiants pontifes ou cadavres abrutis embusqués dans des cités schizophrènes. Voire tout cela à la fois. Et voila qu'il suffit d'un regard. Le regard. Les roquets se calment, les nains se font tout petits et les cadavres rosissent tandis que les pontifes prient, pour une fois...
L'aube a pris la forme de ce visage solaire, de ce regard qui réchauffe, de cette invisible pouvoir d'inimaginable guérison. On dirait que sur la terre est réapparu l'humain lignage. Les méandres sous les crânes ressemblent enfin à des croisements lumineux, des confluents de rivières claires où circule une eau rouge et saine.
Les tambours font revivre le rythme des vents jaillis des milliards de mondes...
Plus personne n'a envie de tuer, de massacrer, de faire régner, d'autoriser ou de caqueter. On est assis pour la célébration du millionième matin, différent et toujours le même pourtant...
Ma voix de basse se joint à l'hymne qui monte, l'espace et le temps se marient, il n'y a plus rien à penser puisque tout est parfaitement clair. Plus à disserter, plus à chercher, plus à comprendre....Plus à souffrir, quelle qu'en soit la manière...
À ce moment précis, surgi des gouffres de l'Univers, grondant et immense, un son menace d'exploser. Une puissance apocalyptique en émane. Nous sommes tous au bord de ce roulement sourd qui émergera dans un instant...
Plus aucun souffle dirait-on ?...
...Et soudain, venu de partout à la fois, quoique d'une étonnante douceur alors que le monde s'attendait à l'explosion initiale, un rire mélodieux emplit le ciel. Pas une gorge qui en réchappe, pas un souffle qui n'y paticipe...Comme un étirement d'aise après un bon sommeil, une infinité de bouches se plissent pour enfin expirer le pur cristal de la vie renaissante.
Voila...
Une aube comme toutes les autres malgré d'étranges voiles ressemblant aux tentes fermées de nomades endormis alors que le ciel est déjà clair.
lundi 19 novembre 2007
Hommage

Tu es la servante céleste, l'oeil d'un beau noir et la mâchoire de fer.
Tes gestes palpitent comme des balles traçantes arrosant les nuits, volonté d'airain et douceur de marbre.
Il n'en faut guère plus pour aimer ce spectacle. Même si...
Nous servons la même perfection au coeur de la même guerre. Même si...
Je ne connais pas tes ennemis intimes, seule ta rage sous contrôle m'en laisse deviner la puissance.
On ne trouve pas ta beauté, elle s'empare.
Sur la pointe de tes cheveux j'ai vu un pied magique dont l'orteil dressé menace les flous de toutes nos vies.
Je m'incline sous le sifflet des balles dont l'harmonieuse mélodie m'offre à chaque fois le courage de pointer encore et encore le canon de mon neuf millimètres sur des fantômes à ne pas abattre.
Et je ris souvent de ces tours de passe-passe dont la dérision me fait rêver encore plus. Tout cela parce que je n'ai jamais perdu le cran de te regarder.
Ni la gifle glacée du mépris, ni les apparences de l'amour n'entament la précision de mon tir. Même si....
Les fantômes s'amusent et c'est tant mieux. Ma carcasse meurtrie, mon sang mêlé de tous les poisons n'ont pas eu raison de cette ardeur guerrière.
Grâce, grâce, grâce à toi. C'est cela mon hommage.
Je ne redoute même pas les magnifiques obus de mortier lourd et je verse souvent des larmes de lait.
La poésie est le meilleur des espions parmi les fantoches de l'illusion. Elle s'infiltre partout et nous renseigne sur les routes à emprunter.
Cet emprunt qui mène à la somme de toutes les beautés.
Intro


Voilà. Je dégaine le crayon et les mots crépitent. Ça défouraille et je sens déjà les impacts sur ces cibles mouvantes que sont les pensées. Mon vietcong personnel. Il attaque comme de coutume par surprise de tous les côtés à la fois. Pas de chemin de repli, c'est mon seul honneur.
Seule ombre au tableau, je combat à l'arme de poing, un Sig Sauer d'excellente qualité mais un peu faible face au nombre. Et à l'arme blanche pour le dernier coup.
Si on se bat c'est pour offrir sa vie, non ? Mais pas comme un lâche. Rien à faire.
Aujourd'hui est fait pour l'hommage. Et je vais le rendre. C'est inutile, je le sais et c'est d'ailleurs pour cela que c'est encore plus beau. Voir la scène finale de Cyrano de Bergerac, camarade.
Desseins

Des seins, desseins, essaims, comme on veut....Pour ce qui est de dessiner sa propre vie avec des mots, bonne chance camarade ! Et pour ce qu'il en est des maux, encore meilleur ! On ne va pas se filouter soi-même avec toutes sortes de petites danses légères exprimées comme le papillon qui va mourir tout de suite. En bref, laissons-là tous ces ratages maladroits ( on peut rater avec adresse mais c'est d'une autre subtilité et je ne me sens guère concerné ).
L'amertume est un goût lié à des propriétés médicinales - en général excellent pour le foie, cet organe souffrant de nos excès - idéale lorsque testée grâce aux infusions d'artichaut.
Donc...
Désenchantement face à ma propre médiocrité, je le dis sans hontes. Comme mon frère François il ya quelques volées de siècles je les ai déjà toutes bues. De vraies tisanes d'ailleurs, question amertume. Serait-ce que nos nullités nous ouvrent un passage magique ? Voilà encore un de mes rêves sans doute mais il est vrai que de toute façon il s'agit d'un rêve sinon quelle absurdité n'est-ce pas ?
Cependant, vu d'une autre rive, celle de nos réussites - voire pire, de Notre Réussite -l'amertume se transforme bien sûr en une certaine douceur, et, horreur peut-être, en satisfaction repue. Là dessus camarade, faut voir sur quoi repose ce sentiment trouble d'une seulâbre sérénité. Tu vas dire que je me pose trop de questions, bien sûr. C'est la remise en question te répondrai-je, seul moteur de nos existences libre de l'aliénation à quelque fioul que ce soit puisque cela ne se passe que dans notre esprit.
Donc...
je danse en boîtant sur ce monceau d'incertitudes, de doutes et de médiocrité si ce dernier mot peut encore avoir un sens commun aujourd'hui.
Je danse sur des lieux communs dont il faudrait réaliser une nouvelle exégèse pour aider le bon peuple dont moi, camarade.
Mais le sentiment, le vrai, se noie tous les jours dans l'effort. L'effort qui n'est pas mon fort puisque je suis un des rares paresseux durs à la peine.
Et en plus je danse. Sous ma grosse tête touffue de fils gris, blancs et châtains aussi.
Ma cervelle tourne à un certain régime et mon coeur bafoué ressemble pourtant à une roche fouettée par le ressac dont mille étoiles réagissent au moindre rayon de soleil ou de lune.
Voilà ma confession non vaticane, c'est assez pour aujourd'hui. Cette mise à nu sans en avoir l'air sous les desseins de la providence et les dessins de millénaires douleurs, je l'offre en pâture à ceux qui voudraient s'en nourrir.
mardi 13 novembre 2007
Guerre
Sous le feu et dans le sang avec les tripes nouées dans un combat absurde il ne reste que la beauté immédiate de la vie, le coup de feu sur la cible et l'enfer direct sous le ciel immaculé, témoin de tout sans la moindre altération. La rage est une bouillie sans nom. Il n'y a que le combat et le crépitement des armes pour sentir le vent soufré, la bouche sèche, le voyage de la chair condamnée d'avance et la discipline du seul honneur qui reste. Sans le temps de la peur, nuage évanescent.
jeudi 25 octobre 2007
Sacha
« Il faut être digne du malheur qui nous frappe sinon nous ne sommes que des victimes et nous ne pouvons en profiter...»......Ou encore :
« Un homme intelligent est moins intelligent que mille imbéciles qui se cotisent pour comprendre »... Cher Sacha, tu nous manques !
« Un homme intelligent est moins intelligent que mille imbéciles qui se cotisent pour comprendre »... Cher Sacha, tu nous manques !
dimanche 21 octobre 2007
Straight to the point

Tu es seul sous ton toit avec le ciel bleu par dessus - ah mon cher vieux Paul - et tu as souffert.
Un corps humain, nu et calme, le regard aussi bien en dedans qu'au dehors. Seul. Mais il suffit d'une pensée et l'univers entier est là. Il regorge des joies et des douleurs inhérentes à sa nature de réceptacle de tout ce qui vit... En Irak, au Liban, dans le Grand Nord parmi les morses et les ours sauvages... Maintenant et il y a mille ans... Avec le souvenir immédiat d'une bouche aux contours sensuels et remplie d'amour chaud.. D'une féminité sans identité mais aussi réelle que ton coeur se déployant dans l'invisible, stimulé par cette lumière qui te comble. Le soulagement de la vie miroite ce matin dans le silence de la piaule où tu viens d'oublier ton nom.
C'est l'immensité du voyage suspendu à tes respirations légères qui court dans tes veines comme dans les rues... Jusqu'aux galaxies ni proches ni lointaines puisqu'elles sont là, taquinant le temps qui, lui, a oublié de courir.
Bon sang, quelle beauté!
Tes rêves sont autant des rêves que le monde est réel, il y a de quoi fondre de tendresse et câliner tout ce qui vit même déchiqueté, explosé, hurlant aux vautours... Ces vautours se transformant aussitôt en aigles, en moineaux, en mouettes attrapant au vol les bouchées de pain que tu lances en riant.
Tu sais que tu ne vas nulle part.
Tu attends simplement que les brumes se dissipent pour laisser la place au soleil de ta planète, bleue comme les plus magnifiques océans sur lesquels tu rêves encore souvent de naviguer...
Voilà de nouveau que tu accostes sur ce motu. Laissant là le canot tu t'assieds sur le sable blanc, regardant ton bateau se balancer impavide sur les eaux du lagon... Elle s'approche, la fleur de Tiaré à l'oreille et tu es agréablement surpris de découvrir un pied fin, délicieux, rare en ces contrées...
Tu es encore une fois ennivré par cette soie unique : la peau parfumée des polynésiennes. Même sa voix est soyeuse en roucoulant les «r»...Est-il possible que dure cette perfection ?..
Non, bien sûr, puisque tu es allongé sur ton lit, sous ce toit où la pluie cliquette. Tu reviens de ton rêve...Mais un instant suffit pour y être à nouveau.
Mon cher, tu es complètement réconcilié avec le monde.
lundi 8 octobre 2007
Couac

Tout semblait se tenir mais il n'avait pas vu cet oiseau bizarre dressé sur le tabouret, en attente d'un évènement que nul autre n'aurait pu inventer.
Le bar jouissait des ombres du petit matin, dans cette crasse arrosée d'eau pour mieux écraser les poussières sur le plancher.
Sobre, il ne voulait rien et s'était posé comme le passant regarde une vitrine, assis devant les verres vides et les cadavres de la nuit.
L'oiseau d'un coup d'aile disparut. Que signifiait cet augure ?
Un frisson lui fit comprendre : une ombre encore plus sombre le regardait du fond de cette pièce vivant aux seuls reflets des bouteilles alignées.
Dehors l'océan s'agitait un peu pour mieux lécher la plage.
L'ombre s'avançait découvrant un visage sublime et des pommettes brunes sous un regard que les cils n'osaient interrompre.
Elle était belle, inimaginable, unique comme un coup de couteau. Il se croyait contemplatif, il se trompait. Blasé, le choc fut encore plus violent.
Elle s'assit, la reine de ces lieux déserts, lui toucha la main du bout de ses ongles parfaits. Une telle douceur irradiait de ce contact qu'il n'en respirait plus. Alors, il sut. Et cette découverte insensée ne pouvant être traduite il ne put qu'expirer son dernier râle d'ignorant. Une inspiration plus tard il renaquit au grand jour - ou à la grande nuit d'ailleurs, quelle importance? - sa solitude s'étant magiquement dissoute dans cette féminité impossible. Ses tatouages virils lui couraient sur la peau, derniers vestiges d'une autre vie.
Ils se levèrent après un long moment et sortirent goûter le sable avec leurs pieds ailés. Puis ils disparurent dans la beauté des nuages.
dimanche 30 septembre 2007
Ajustage
Je suis un concours de circonstances, apparues ici, disparaissant par là
sans cesse en mouvance, si bien que celui qui écrit est déjà différent de celui qui parle.
Comme disait le vieux grec, on ne se baigne jamais deux fois dans la même rivière. Ce à quoi un collègue lui rétorquait qu'on ne se baigne même pas une fois dans le même cours d'eau.
Au sein d'une telle confusion, comment s'y retrouver ? La réponse est facile : rester naturel sans ajouter rien à quoi que ce soit, laissant les pensées naître et se dissoudre. Enfin, se baigner et profiter de la fraîcheur de l'onde avec, pourquoi pas, un verre de martini dry plus zeste de citron dans une main et la rondeur de hanche d'une naïade dans l'autre.
sans cesse en mouvance, si bien que celui qui écrit est déjà différent de celui qui parle.
Comme disait le vieux grec, on ne se baigne jamais deux fois dans la même rivière. Ce à quoi un collègue lui rétorquait qu'on ne se baigne même pas une fois dans le même cours d'eau.
Au sein d'une telle confusion, comment s'y retrouver ? La réponse est facile : rester naturel sans ajouter rien à quoi que ce soit, laissant les pensées naître et se dissoudre. Enfin, se baigner et profiter de la fraîcheur de l'onde avec, pourquoi pas, un verre de martini dry plus zeste de citron dans une main et la rondeur de hanche d'une naïade dans l'autre.
lundi 24 septembre 2007
Le pic du corbeau
La carcasse dont tu profites se noie dans la cendre
Même en altitude les oiseaux de proie gémissent sans comprendre
Lambeaux arrachés de ta conscience ivre
C'est maintenant, la solitude qui délivre
La douleur comme compagne et la folie pour guide
Seul le grand mât tient sur le pont du vaisseau
Ça transperce la brume, hurle aux vents et ricane comme un damoiseau
Où est passé ce beau silence dont la soie couvrait ton cou livide?
La tristesse qui pend comme ces cheveux bouclés
La soif impatiente, nerveuse, égoïste
Et ce coup familier dans le coeur qui persiste
Alors tu inspires ces océans saccagés
Jusqu'au cri du corbeau dans son hiver noir
Et tu vomis ta lumière, méprisant tout espoir
Même en altitude les oiseaux de proie gémissent sans comprendre
Lambeaux arrachés de ta conscience ivre
C'est maintenant, la solitude qui délivre
La douleur comme compagne et la folie pour guide
Seul le grand mât tient sur le pont du vaisseau
Ça transperce la brume, hurle aux vents et ricane comme un damoiseau
Où est passé ce beau silence dont la soie couvrait ton cou livide?
La tristesse qui pend comme ces cheveux bouclés
La soif impatiente, nerveuse, égoïste
Et ce coup familier dans le coeur qui persiste
Alors tu inspires ces océans saccagés
Jusqu'au cri du corbeau dans son hiver noir
Et tu vomis ta lumière, méprisant tout espoir
dimanche 23 septembre 2007
Nuits troubles
Au jardin calme apparurent les foules, mi-grotesques, à peu près pitoyables
Comme ce spectacle quotidien au sein de mes affres
Les beautés brûlées, les parfums évanouis otages de la vanité des sables
Dans ce désert ni pureté, ni jeunesse, ni vieillesse ... Le monde bâfre
Ogres qui roucoulent, amers désenchantés
Hères sans feu, visages sans vie, comme la douleur qui nous ment
Personne n'ose goûter le sel de l'enfer, l'épice de la liberté
Même les enfants fatigués, déjà, déclinent la grammaire des déments
Ce n'est pas faute d'essayer, de mettre son coeur à nu
Mais le vaste crassier a bouché les veines vives de nos corps secrets
Qui distingue encore au fond de la mine le sourire discret ?
L'humour, la bonté légère, la tendresse crue ?
Les familles ébahies, dispersées dans l'oubli
Se gorgent des opiums que leurs peurs ont fournis.
Comme ce spectacle quotidien au sein de mes affres
Les beautés brûlées, les parfums évanouis otages de la vanité des sables
Dans ce désert ni pureté, ni jeunesse, ni vieillesse ... Le monde bâfre
Ogres qui roucoulent, amers désenchantés
Hères sans feu, visages sans vie, comme la douleur qui nous ment
Personne n'ose goûter le sel de l'enfer, l'épice de la liberté
Même les enfants fatigués, déjà, déclinent la grammaire des déments
Ce n'est pas faute d'essayer, de mettre son coeur à nu
Mais le vaste crassier a bouché les veines vives de nos corps secrets
Qui distingue encore au fond de la mine le sourire discret ?
L'humour, la bonté légère, la tendresse crue ?
Les familles ébahies, dispersées dans l'oubli
Se gorgent des opiums que leurs peurs ont fournis.
lundi 17 septembre 2007
Payer pour donner, gratuité des tranquilles et des marrants

« La peste soit de l'avarice et des avaricieux ! » faisait dire Jean-Baptiste à l'un des personnages de sa pièce. Ouais. Le problème c'est que cela s'applique, en toute vraisemblance, à la race bipède en général, c'est à dire nous.
Notre manière d'appréhender l'existence, cette soif, ces peurs, cette absence d'une capacité de librement donner - sauf exceptions qui confirment la règle, comme d'habitude - voilà les maladies mentales régnant en maîtresses sur nos courtes existences. À force de vouloir absolument tester tous les régimes ( ça, c'est à prendre aux premier, deuxième et troisième degrés comme tu t'en doutes ), on oublie de mordre dans la vie et de se repaître de la générosité que la nature toute entière nous offre sur un plateau. Comment veux-tu donner quoi que ce soit d'ailleurs, si tu n'es qu'un sinistre ascète morfondu dans ses macérations. Comme l'a dit l'amérindien Black Elk ( ceci fut rapporté par l'excellent Jim Harrison dans son magnifique récit « Aventures d'un gourmand vagabond » ) :
Voilà. Au moins la rondeur évite-t-elle les blessures causées par nos attitudes parfois bien anguleuses.
Tout est dans la soif.
Et la faim par voie de conséquence.
Ce n'est qu'une question de technique alliée à un état d'esprit bien précis.
Comme à notre première respiration d'ex-noyé dans les chaleurs humides du ventre maternel, il a d'abord fallu prendre. Avaler goulûment. Bon.
C'est seulement par la suite que les choses se gâtent. Modes, drôles d'éducations religieuses, transmissions génétiques frelatées et autres nombreux facteurs
sociaux font de nous des espèces de robots sans âme et surtout sans la moindre capacité de prendre une décision digne de ce nom.
Je ne parle pas bien sûr du fait de choisir le métier de menuisiser ou de décider de parier sur tel cheval au prochain tiercé. Il s'agit de décisions à la fois plus légères et plus mûres. Ce qui paraît totalement contradictoire, j'en conviens.
C'est une question d'approche.
Une approche de cet art de vivre sa vie qui nous fait souvent défaut, chacun à notre manière, bien sûr : nous sommes tous des cas uniques.
Par exemple, lors d'une fête familiale, découvrir, grâce à une présence pleine et entière, que la tête de veau sauce gribiche est un véritable délice pour notre palais, surtout si elle est accompagnée d'un délicat Sancerre. Cela n'a rien d'extraordinaire mais implique suffisamment de participation à l'état d'être vivant pour être noté. C'est la base même de l'approche de ou des décicions que nous pourrions prendre dans notre vie : quelque chose de parfaitement conscient, par goût, par aspiration de coeur... Avec une claire volonté dans tous les cas. Même si rien n'est formulé dans nos méandres mentaux. C'est en nous. C'est ça et rien d'autre, simplement.
Voilà déjà un bon début pour arpenter les trottoirs de nos vies en sachant plus ou moins reconnaître notre chemin et le cap que l'on suit.
À partir de cette attitude, tout est possible même l'inénarrable. C'est ce dont je suis heureux d'être convaincu pour moi-même.
Pas de projections dans le futur, ni futiles, ni ambitieuses puisque le cours de nos vies trace sa route comme le fleuve qui va se jeter, plein d'ardeur, dans l'océan.
« Le pouvoir de l'univers oeuvre toujours en cercles, si bien que tout le monde
essaye d'être rond. »Voilà. Au moins la rondeur évite-t-elle les blessures causées par nos attitudes parfois bien anguleuses.
Tout est dans la soif.
Et la faim par voie de conséquence.
Ce n'est qu'une question de technique alliée à un état d'esprit bien précis.
Comme à notre première respiration d'ex-noyé dans les chaleurs humides du ventre maternel, il a d'abord fallu prendre. Avaler goulûment. Bon.
C'est seulement par la suite que les choses se gâtent. Modes, drôles d'éducations religieuses, transmissions génétiques frelatées et autres nombreux facteurs
sociaux font de nous des espèces de robots sans âme et surtout sans la moindre capacité de prendre une décision digne de ce nom.
Je ne parle pas bien sûr du fait de choisir le métier de menuisiser ou de décider de parier sur tel cheval au prochain tiercé. Il s'agit de décisions à la fois plus légères et plus mûres. Ce qui paraît totalement contradictoire, j'en conviens.
C'est une question d'approche.
Une approche de cet art de vivre sa vie qui nous fait souvent défaut, chacun à notre manière, bien sûr : nous sommes tous des cas uniques.
Par exemple, lors d'une fête familiale, découvrir, grâce à une présence pleine et entière, que la tête de veau sauce gribiche est un véritable délice pour notre palais, surtout si elle est accompagnée d'un délicat Sancerre. Cela n'a rien d'extraordinaire mais implique suffisamment de participation à l'état d'être vivant pour être noté. C'est la base même de l'approche de ou des décicions que nous pourrions prendre dans notre vie : quelque chose de parfaitement conscient, par goût, par aspiration de coeur... Avec une claire volonté dans tous les cas. Même si rien n'est formulé dans nos méandres mentaux. C'est en nous. C'est ça et rien d'autre, simplement.
Voilà déjà un bon début pour arpenter les trottoirs de nos vies en sachant plus ou moins reconnaître notre chemin et le cap que l'on suit.
À partir de cette attitude, tout est possible même l'inénarrable. C'est ce dont je suis heureux d'être convaincu pour moi-même.
Pas de projections dans le futur, ni futiles, ni ambitieuses puisque le cours de nos vies trace sa route comme le fleuve qui va se jeter, plein d'ardeur, dans l'océan.
Les paramètres de la foi
Que voulez-vous y faire ? On s'adapte, du moins on essaye. Ce qui me chagrine dans tout cela c'est l'extraordinaire confusion des bipèdes affublés de capacités mentales. Tous les ennuis viennent de là. Ne crois pas que je veuille me soustraire à ce dernier ensemble de ballerines intellectuelles - ou se croyant telles : c'est en quelque sorte ma grande famille. Ha !
Résumons : attitudes de mammifères enrobées d'émotions complètement sauvages, analyses de cerveaux plus ou moins formés pour ne pas s'ouvrir à davantage de sang régénérateur, avec comme résultat des confusions ou des certitudes ( ce qui est pire ). C'est le lot de toutes les civilisations gagnées par la décrépitude, surtout celle-ci qui s'efforce magistralement de faire croire le contraire, grâce à l'aveuglement, à la soif inextinguible de divertissement et autres consommations proposées par le siècle ( panem et circenses, ce n'est pas nouveau ), grâce à la « science » qui lâche quelques infos fascinantes et convertit son savoir en os à ronger et autres amusements , en nouveaux jouets pour cannibales de la vie quotidienne. Inutile de donner les détails que chacun connaît par coeur.
La médecine évolue et la maladie - disons les malades, dans ce sens - aussi, merci.
Il reste, comme d'habitude, la foi - mot dangereux - qui nous propulse instantanément dans des domaines de certitudes inavouées, pas toujours très claires de la même façon pour tout le monde, dans les célestes palais de ce que l'on a toujours appelé : religion.
Et quand on voit ce qu'elles ont offert au monde depuis toujours, je ne suis pas très convaincu. Ou alors les deux à la fois.
Et le sang coule, la douleur mise en exergue offre tous les tremplins menant à la folie. L'égoïsme - jamais mort celui-là - draguant les consciences avec ce toupet qu'on lui connait.
Comme par un sulfureux hasard, les armes à déchiqueter les chairs des bipèdes accroissent leur pouvoir de tuer, en qualité et en quantité. Pas de commentaires sur ce dernier point, tout le monde est face à l'évidence.
« Il est grand le mystère de la foi » chantaient les petits enfants...Tout ce que j'ai envie de dire, c'est que ce mystère est dangereux pour tout le monde dès que l'intelligence, ce terme reconnaissable entre tous, notre seule arme valable, est mise de côté. Par mégarde sans doute.
En bref, ne t'étonne pas de mon goût pour les îles tropicales et les lagons solitaires. Là au moins, l'océan repose la vue même si l'on est con et la beauté des nuages nous raccommode avec le ciel sans tâche, merveilleux de tonalités azures.
Là, peut-être, peut-on prier avec foi en sachant parfaitement ce que cela signifie.
Et même boire un coup entre copains, de temps à autre, histoire de ne pas sombrer soi-même - encore une fois - dans le camp des donneurs de leçon remplis de certitude. Donner, c'est bon. Donner du vrai bonheur c'est délicieux.
Là c'est du grand art et j'ai encore tout à apprendre...Actuellement je pense au Vanuatu mais j'ai toujours ce penchant pour les maoris...
lundi 10 septembre 2007
L'abattage des cartes


Imagine un lundi pluvieux, ambiance lourdingue dans les rues et sur les visages avec en prime ta propre déprime. Tu auras le tableau flamand rempli de voiles gris qui dépeint la tristesse de ton sentiment d'absurde et d'inutile. De ta propre insuffisance, de tes ratages s'amenant en masse pour grincer dans ton mental déjà grippé, rouillé, maculé de cambouis. Les cartes sont tombées. Sur la table de ce qui te reste d'honnêteté, disons de lucidité. Et quelque part, tu t'en fous quand même, parce que tu as fait ce que tu as pu. Humilité ou fier orgueil n'ont même plus de sens, on est trop nombreux sur cette planète à souffrir, à jouir ou à n'importe quoi. Tu vois tes proches comme dans un rêve et le seul esquif auquel tu t'accroches, par réflexe ou par éducation, c'est le quotidien de tes actes, de tes petites obligations. Parfois tu bois, tu fumes, tu t'abrutis rien que pour essayer d'atteindre un hypothétique silence de bien être. Illusion et tu le sais parfaitement. C'est maintenant, face à la durée, alors que ton coeur profond essuie une attaque d'artillerie permanente autant que vicelarde, que tu ne mesures plus rien en attendant ta propre disparition. Pas de désespoir, pas trop d'espoir non plus d'ailleurs, mis à part des petits trucs au ras des pâquerettes, et toujours cette sensibilité innée à la beauté, à la bonté , à l'amour qui apparaîssent parfois, rarement, dans un regard.
Et puis ton rire, cette capacité à dénicher n'importe où le comique d'une situation ou d'un con, ou d'une conne, parce que ça existe dans ton monde même s'il est frelaté.
Comme tu vois il te reste encore de l'orgueil, du mépris et tu n'es pas tout à fait mort.
lundi 3 septembre 2007
Ce même moment
En cet instant même, je mesure le dérisoire espoir, la dérisoire crainte d'un quelconque lendemain. Le temps en tant que tel n'a aucun sens si la vaste respiration du ciel n'habite pas consciemment le coeur de chaque être vivant. Je m'explique : l'ouverture permanente du coeur et donc de nos fonctions mentales sont nos seuls authentiques alliés au fond des méandres de nos multiples consciences sans cesse martelées par les limitations grossières de nos égotistes points de vue. Le mot vue employé faute de mieux pour qualifier les vieilles taupes que nous sommes.... sans offense...
lundi 27 août 2007
La lumière, la folie ?
Ces deux derniers jours , mon frère, seul dans ma masure de poète, je fus ébloui de lumière intérieure, calme, et les larmes qui perlaient à la commissure de ces paupières et de ces yeux que j'appelle miens étaient la rosée du premier matin ou des éclats de diamants, que dire? La beauté et l'amour se rejoignirent à cet instant et pourtant, je t'assure, j'étais seul, physiquement seul, baignant dans la félicité de ce monde qui nous est si inconnu, finalement. Les molécules vivent, les atomes se composent entre eux, tu es mathématicien et biologiste non ? Je ne sais quelle réponse donner, je suis ignorant et stupide et la seule qualité que je puisse percevoir en mes tréfonds, c'est cet amour infini et inexplicable, impossible à transmettre par le verbe à qui que ce soit. Quelque part, je m'en fous, quelque part, c'est indicible. Oh oui! Je connais ! « Margaritas ante porcos»....Même eux je les aime pour leur offrande de chair si douce...Je n'ai plus peur de mourir mon frère. Cet appendice d'humain que je suis ne se soucie aucunement d'un quelconque futur et utilise le présent pour amuser les foules....Je vole dans un ciel vide de tout cela et toute ma force est là : donner à quelque être «with an open mind» ces gouttes de pureté....Cela semble si impossible de nos jours, en ce soit-disant 21º siècle....Ha Ha Ha quelle connerie ! Tu sais que je t'aime, c'est pour cela que je te parle sur ce blog plus ou moins ouvert à un certain «public», mot qui me fait marrer. Je te le dis pour une finale juste : L'amour, cette luminosité illimitée selon ce que l'on en fait, si ce n'est pas mélangé au poison du vulgaire, est la porte du ciel sans commencement. Là, il y a tout à donner jusqu'à ses propres tripes, sa moëlle et tout le reste, on s'en fout. Mais l'esprit clair, lui, est immortel.
Quelle merveille pour l'alchimiste que le millième matin. Quelle merveille pour deux adolescents qui se voient pour la première fois et qui, en un regard, en un instant, tournent avec tous les univers et toutes les galaxies, parcequ'ils ont franchi cette porte invisible du pur amour.
Je t'embrasse , frère vagabond,comme moi, et te souhaite la mort la plus douce et la plus tardive possible.
Moi, vieil esclave, je balade encore cette carcasse sur les trottoirs des cités modernes, secoué de rire parfois devant la pitrerie inconsciente qui se donne en spectacle mais je joue profil bas. La poésie est une femme qui doit se montrer une fois tous les mille ans, sans doute. Mais en regardant bien, tu peux l'apercevoir, de façon fugace. C'est alors un rayon de force qui te recharge pour un temps.
Voilà, j'arrête ces balivernes qui furent écrites pour , avec un peu de chance, réchauffer quelque coeur ouvert...
Quelle merveille pour l'alchimiste que le millième matin. Quelle merveille pour deux adolescents qui se voient pour la première fois et qui, en un regard, en un instant, tournent avec tous les univers et toutes les galaxies, parcequ'ils ont franchi cette porte invisible du pur amour.
Je t'embrasse , frère vagabond,comme moi, et te souhaite la mort la plus douce et la plus tardive possible.
Moi, vieil esclave, je balade encore cette carcasse sur les trottoirs des cités modernes, secoué de rire parfois devant la pitrerie inconsciente qui se donne en spectacle mais je joue profil bas. La poésie est une femme qui doit se montrer une fois tous les mille ans, sans doute. Mais en regardant bien, tu peux l'apercevoir, de façon fugace. C'est alors un rayon de force qui te recharge pour un temps.
Voilà, j'arrête ces balivernes qui furent écrites pour , avec un peu de chance, réchauffer quelque coeur ouvert...
dimanche 12 août 2007
La guerre, l'enfer et les pendules à l'heure exacte

Le sais-tu, quelque-part dans le temps des humains en 1983, la guerre faisait rage en Afghanistan. Je parle pour ce soldat russe Nikolaï, un symbole vivant. Un musicien. Musicien, pas tueur. Appelé malgré lui dans ce conflit absurde par la force de ce que l'on appelle l'ÉTAT. Cet État sans apparente émotion bien qu'il véhiculât les émotions folles et les conceptions géopolitiques d'hommes malades. Dans la tourmente des embuscades et des opérations sanglantes, il sauva, par nature, une femme afghane du viol par un de ses compatriotes et ami et celà finit par la mort violente, abrupte, d'un homme jeune encore qui n'en pouvait plus. Ce ne fut pas Nikolaï mais le violeur, poignardé par la rude afghane qui utilisa les quelques secondes de répit offerts par la menace de la kalachnikov que l'artiste épouvanté pointait sur son pauvre ami déjà fou.
La souffrance gouverne ce vaste monde. Mais qui, je dis bien qui ? ...Y peut quelque chose ? Ni religion, bien au contraire, ni philosophie - les hommes sont dépourvus de sagesse et encore moins de sagesse vécue et appliquée dans l'immédiateté des circonstances - ni éthique vivante puisqu'elle est morte depuis déjà longtemps.
Comme tu le vois, mon frère, mon ami, aucun désespoir, aucun langage édifiant ne peux rien contre la folie. Et je parle de la folie égotiste, celle menée par la lourdeur des cerveaux mal fréquentés, ceux qui se laissent manipuler par les flous du monde des apparences sans la moindre perception claire puisque sans aucune référence du même qualificatif.
Idéaux, mysticismes de tout poil, fois brûlantes au service d'instables instincts, désir institutionnalisé, voilà ce qui gouverne cette planète appauvrie au seuil de sa dernière expiration.
Alors, mon frère lointain, je te le dis une fois pour toutes, pour ta propre sauvegarde : reste tranquille dans ton repaire annonyme et prie, si tu mesures encore le sens de cette dernière locution oubliée depuis de si nombreux lustres.
dimanche 5 août 2007
Ce soir avec Lupe la Maya, Alexis Zorba après le dessert, il y a cinq mille ans

Les étangs sombres d'Ixelles jouent les miroirs secrets entre le chicken king et les penne perfumati, entre la Moskovskaya bien frappée et le sorbet à la fraise. Il y a même pas de vanille ni framboise mais ce sont les mamelles du destin, comme toujours. Sacré Gainsbarre. Et un vieux grec élégant, racé, au charisme antique, notre voisin à Maya et moi-même présage déjà l'arrivée inopinée d'Alexis Zorbescu ou Zorbasky. Il porte tous les noms, tu le sais.Il a tous les visages, inattendu Zorba, tonitruant et calme avec sa sensibilité parfaite résonnant des accords offerts de son santouri. Il danse, invisible, et nous conversons, l'indienne des sacrifices de sang et le slave fou amoureux de la légion. Nous sommes maintenant, il y a cinq mille ans - une nanoseconde exultante - et je vois des lucioles qui dansent avec les cheveux de la chamane. Puritos de Havane en un nuage de grâce qui se dissipe pour renaître. Ah, mon frère, comment décrire ce qui est léger, nature, plein, vide et totalement vivant dans la chaleur approchant du huit Août, date fatidique, paternelle, celle qui nous arrache un sourire de reconnaissance à tous les deux. Bon. Je le dis pour le profane, nos deux pères nés un huit Août, autorité suprême, dérision, respect et amour. Poésie, enfin !Ha ha! Deux pères et deux frères, quelle rigolade puisque ce sont les mêmes. L'univers n'est-il donc pas si vaste ?Ce soir, c'est le sang, le regard, la puissance, la transparence et pour finir ce belge ami rencontré sur le chemin du retour, gentiment bourré. C'était un nouveau visage de Zorba qui m'a encore, te rends-tu compte, surpris.Beauté, tu t'insinues, tu es partout où l'on ne t'attend pas et surtout nulle part où l'on t'attend.Je ris, je pleure, je calme, je regarde et j'ode, offre, aime, m'agenouille, mon front sur le pied sacré. Cette merveille me dépasse et c'est tant mieux.
mardi 31 juillet 2007
Comme beaucoup
Désespérément. Désespérément romantique, si ce mot porte encore en lui quelque force malgré la distorsion du temps et des époques essouflées par leurs voiles de fausse pudeur, c'est ce que je suis. Constat livide d'un solitaire en bout de course dont le seul bonheur est d'exprimer par touches cet évasement du coeur sans complexes mais infiniment pur.
Imagine un con qui pleure devant la beauté - en ce qui me concerne celle de la femme, par exemple - et tu peux rire et te moquer, je l'ai fait moi-même, avec cette arrogance facile qui croit colmater sa force.
Idiot, bien sûr. Personne n'échappe à la sensibilité dont l'humain est fait, au-delà de toutes les cruautés, de toutes les folies possibles, de la bestialité, du meurtre et de la trahison.
Elle est pourtant simple, la vision de cette ombre aux contours lumineux et au sourire parfait. De plus, avec la lourde expérience des échecs et des maladresses, avec l'implacable lucidité de ce nullisme qu'on fuit sa vie durant, il reste encore, plus que le rêve, cette poésie vivante et totalement présente d'un infini possible.
Les chrétiens me font doucement marrer avec leurs miracles. Ils donnent des noms pompeux à ce qui n'est que merveille et naturel. Ça va ensemble, crois moi. L'intello inquisiteur, le sbire aux ordres, le cynique se croyant libéré, tout cela, je le vois maintenant, ne cache que lâcheté.
Et pardon à ceux mêmes que je vise, j'en fais aussi partie à mes moments d'égarement.
Lâchons ces malheurs furtifs sous un ciel passant du bleu profond au noir inondé d'étoiles pour nous laisser bercer à nous rompre, s'il le faut, par la réalité sans fards et sans aucune limite.
Mais pour elle, celle que tu vois plus que déesse, jamais ne faiblis à te laisser emmêler dans les miasmes du sens commun d'un pragmatisme rouillé par les millénaires qui tue aussi sûrement qu'un sniper invisible parmi les pros.
C'est dire que tu ne peux compter que sur ta propre et unique force, mon cher, celle que tu développes comme par magie à toute heure et tous les jours que dieu n'a jamais faits.
Incompréhensible est la beauté, inénarrable... Et ce que font parfois les artistes qui se croient tels, c'est essayer de détruire ce qu'ils n'ont pu appréhender : c'est un constat d'échec et en même temps la reconnaissance de cet approche de l'absolu.
Milliards de messages par l'image, le son, le toucher ou tout ce que tu veux : dans un regard, le temps d'une nanoseconde, tout est là. Là!
Je délivre maintenant ces prisonniers de mon coeur, de mes tripes, des méandres de ce cerveau maladroit et leur offre l'immensité de tous les temps et de tous les espaces en souhaitant peut-être, comme un pauvre hère, qu'une goutte absolument parfaite et ultimement délicieuse vienne désaltérer la langue la plus rèche qui soit.
De quoi rendre la Vie, cette Vie qui a toujours donné et qu'on a toujours voulu prendre.
C'est ça, mon cher pote, toi qui gamberge avec ton âme pure, que je t'offre. Toi ou moi, c'est franchement pareil.
Imagine un con qui pleure devant la beauté - en ce qui me concerne celle de la femme, par exemple - et tu peux rire et te moquer, je l'ai fait moi-même, avec cette arrogance facile qui croit colmater sa force.
Idiot, bien sûr. Personne n'échappe à la sensibilité dont l'humain est fait, au-delà de toutes les cruautés, de toutes les folies possibles, de la bestialité, du meurtre et de la trahison.
Elle est pourtant simple, la vision de cette ombre aux contours lumineux et au sourire parfait. De plus, avec la lourde expérience des échecs et des maladresses, avec l'implacable lucidité de ce nullisme qu'on fuit sa vie durant, il reste encore, plus que le rêve, cette poésie vivante et totalement présente d'un infini possible.
Les chrétiens me font doucement marrer avec leurs miracles. Ils donnent des noms pompeux à ce qui n'est que merveille et naturel. Ça va ensemble, crois moi. L'intello inquisiteur, le sbire aux ordres, le cynique se croyant libéré, tout cela, je le vois maintenant, ne cache que lâcheté.
Et pardon à ceux mêmes que je vise, j'en fais aussi partie à mes moments d'égarement.
Lâchons ces malheurs furtifs sous un ciel passant du bleu profond au noir inondé d'étoiles pour nous laisser bercer à nous rompre, s'il le faut, par la réalité sans fards et sans aucune limite.
Mais pour elle, celle que tu vois plus que déesse, jamais ne faiblis à te laisser emmêler dans les miasmes du sens commun d'un pragmatisme rouillé par les millénaires qui tue aussi sûrement qu'un sniper invisible parmi les pros.
C'est dire que tu ne peux compter que sur ta propre et unique force, mon cher, celle que tu développes comme par magie à toute heure et tous les jours que dieu n'a jamais faits.
Incompréhensible est la beauté, inénarrable... Et ce que font parfois les artistes qui se croient tels, c'est essayer de détruire ce qu'ils n'ont pu appréhender : c'est un constat d'échec et en même temps la reconnaissance de cet approche de l'absolu.
Milliards de messages par l'image, le son, le toucher ou tout ce que tu veux : dans un regard, le temps d'une nanoseconde, tout est là. Là!
Je délivre maintenant ces prisonniers de mon coeur, de mes tripes, des méandres de ce cerveau maladroit et leur offre l'immensité de tous les temps et de tous les espaces en souhaitant peut-être, comme un pauvre hère, qu'une goutte absolument parfaite et ultimement délicieuse vienne désaltérer la langue la plus rèche qui soit.
De quoi rendre la Vie, cette Vie qui a toujours donné et qu'on a toujours voulu prendre.
C'est ça, mon cher pote, toi qui gamberge avec ton âme pure, que je t'offre. Toi ou moi, c'est franchement pareil.
lundi 30 juillet 2007
Bilan
À passer ses journées à avoir le temps, il arrive fatalement, cet instant où l'on pose un regard critique sur sa propre vie. Mais attendons. Prenons les choses par ordre d'arrivée.
D'abord ce que l'on appelle communément du temps libre. Un long temps libre. Et qui dit long temps libre avec un minimum de soucis peut très bien dire : oisiveté.
L'oisiveté a cela de positif : avant que les vices ne s'emparent de toi de façon inéluctable, ta relative détente te permet enfin de savourer la paresse. D'abord le calme mental, le sourire à tout ce qui vit même dans l'espace exigu de ta soupente. Il y a toujours un rayon de lumière qui passe la lucarne ou quelques gouttes de pluie qui font des claquettes - hein, vieux Claude - sur la vitre unique de ladite.
Et comme de bien entendu, ça ne dure pas. Insidieusement naissent quelques rides à la surface des eaux bien planes. Ce sont les premières brises de ton flux mental qui n'a pas l'habitude de naviguer tout seul, sans cap, même pas à l'estime. En bref aucun point de repère particulier.
Puisqu'aucun point de mire ne vient juguler toutes ces pensées livrées à leur propre sauvagerie, ta conscience commence à donner des signes de frayeur. La pièce où tu vis, de vaste palais se transforme rapidement en masure irrespirable. Tu crois en ta soif de respirer, tu es l'animal en cage qui ne rêve que de liberté, celle-là même que tu vivais à peine quelques instants auparavant.
Pourtant personne ne te force, tu es seul et libre de tous tes mouvements. C'est là le sel de la chose.
Ni lecture, ni télé, ni ordinateur, pas la moindre distraction pour aider ces turbulences à se trouver des rails pour un moment d'équilibre dans le mouvement. Il te faut donc une stratégie car le danger s'annonce.
Cependant rien ne t'attire. Ni le dehors, ni le dedans, ni les livres, les films ou même l'étude de quelque chose, dans le meilleur des cas. Tu es une sorte de blasé, un candidat idéal pour la déprime, le désespoir voire la folie.
Il te reste une seule carte, ton joker. Ton joker c'est ta lucidité, ta capacité à regarder et peut-être à comprendre. Et encore, pas facile de l'utiliser cette carte maîtresse si tu t'enlises et te laisse berner une fois de plus par les vagues de plus en plus hautes qui te chahutent dans tous les sens, exactement comme une tempête naissante dans le Golfe du Lion gonflant jusqu'à force dix avec des murs d'eau devant, derrière et sur les côtés, secouant ton bateau. Mais là, heureusement, tu connais le degré de ton cap et tu peux travailler dur à la barre pour le maintenir, même à sec de toile ou presque.
Ici, c'est beaucoup plus dangereux. Comme si tu n'avais plus de safran. Impossible de se diriger, donc.
Il faut sortir cette satanée carte sinon c'est la noyade, pardieu !
Le ciel est gris-noir, l'angoisse commence à t'étreindre sérieusement. Tu es pris en sandwich entre l'ennui et le désarroi, entre de vagues désirs d'espaces lointains - partout mais pas ici - et de vagues de dons tombant du ciel par miracle et peut-être encore - c'est terrible - es-tu obnubilé par ce désir de tendresse innassouvie que tu ne vois nulle part dans ce brouillard à la trame de plus en plus dense, comme le filet qui se resserre sur l'animal sauvage auquel tu ressembles davantage à chaque instant .
Tu peux même en arriver à hurler, à ruer, à sauter, à cogner les murs de ta tête, à maudire la terre entière responsable de tes malheurs. C'est con quand-même, tu en conviendras.
La tempête à l'intérieur, rien de pire pour le voyageur. C'est le plus vicieux des pièges.
La carte, bon sang !... Là, peut-être, un miracle, une ouverture dans la poix qui t'entoure, un réflexe de survie plus profond qui émerge et te donne la force de respirer un bon coup.
Tu souffles. Tu t'asseois sur ton paddock et te désolidarise de ce magma en fusion grâce, sans doute, à une de ces qualités innées dont tu as à peine conscience et qui font bien partie de ta vie, pourtant. Tu décides de regarder. Tu as accepté la douleur, la mort, tous les désespoirs et tu commences d'ailleurs à trouver cela un peu dérisoire, que diable. Tu t'admonestes. Tu te traites de crétin. Bien, c'est un bon début : le joker commence à se montrer.
Et le spectacle commence. Comme ton esprit critique est assez développé, tout y passe. Tu n'es pas tendre avec toi-même. Doucement, mon gars, ne donne pas dans ce genre d'excès non plus. Ça ne fait qu'alimenter ton sentiment d'importance. C'est malin, tu sais, les gyrophares des consciences. Faut y aller à pas de loup.
Et puis, tranquillisé maintenant, tu commences à apercevoir quelque chose : ça bouge sans arrêt et si tu sais te tenir peinard devant cette foule bruyante du labyrinthe de tes pensées, sans te laisser distraire, c'est beaucoup plus vivable. Et même si tu en viens à convenir que tu n'es qu'un raté, que tu as mené ton existence sans qualités manifestes, même cela ne te déstabilise plus. Tu as enfin compris qu'un cavalier doit rester stable sur sa monture. Pas évident, c'est sûr, mais c'est déjà la première leçon de ton joker que tu as réussi à avaler, mon couillon ! Si ce n'est pas du pot, qu'est-ce que c'est ?
D'abord ce que l'on appelle communément du temps libre. Un long temps libre. Et qui dit long temps libre avec un minimum de soucis peut très bien dire : oisiveté.
L'oisiveté a cela de positif : avant que les vices ne s'emparent de toi de façon inéluctable, ta relative détente te permet enfin de savourer la paresse. D'abord le calme mental, le sourire à tout ce qui vit même dans l'espace exigu de ta soupente. Il y a toujours un rayon de lumière qui passe la lucarne ou quelques gouttes de pluie qui font des claquettes - hein, vieux Claude - sur la vitre unique de ladite.
Et comme de bien entendu, ça ne dure pas. Insidieusement naissent quelques rides à la surface des eaux bien planes. Ce sont les premières brises de ton flux mental qui n'a pas l'habitude de naviguer tout seul, sans cap, même pas à l'estime. En bref aucun point de repère particulier.
Puisqu'aucun point de mire ne vient juguler toutes ces pensées livrées à leur propre sauvagerie, ta conscience commence à donner des signes de frayeur. La pièce où tu vis, de vaste palais se transforme rapidement en masure irrespirable. Tu crois en ta soif de respirer, tu es l'animal en cage qui ne rêve que de liberté, celle-là même que tu vivais à peine quelques instants auparavant.
Pourtant personne ne te force, tu es seul et libre de tous tes mouvements. C'est là le sel de la chose.
Ni lecture, ni télé, ni ordinateur, pas la moindre distraction pour aider ces turbulences à se trouver des rails pour un moment d'équilibre dans le mouvement. Il te faut donc une stratégie car le danger s'annonce.
Cependant rien ne t'attire. Ni le dehors, ni le dedans, ni les livres, les films ou même l'étude de quelque chose, dans le meilleur des cas. Tu es une sorte de blasé, un candidat idéal pour la déprime, le désespoir voire la folie.
Il te reste une seule carte, ton joker. Ton joker c'est ta lucidité, ta capacité à regarder et peut-être à comprendre. Et encore, pas facile de l'utiliser cette carte maîtresse si tu t'enlises et te laisse berner une fois de plus par les vagues de plus en plus hautes qui te chahutent dans tous les sens, exactement comme une tempête naissante dans le Golfe du Lion gonflant jusqu'à force dix avec des murs d'eau devant, derrière et sur les côtés, secouant ton bateau. Mais là, heureusement, tu connais le degré de ton cap et tu peux travailler dur à la barre pour le maintenir, même à sec de toile ou presque.
Ici, c'est beaucoup plus dangereux. Comme si tu n'avais plus de safran. Impossible de se diriger, donc.
Il faut sortir cette satanée carte sinon c'est la noyade, pardieu !
Le ciel est gris-noir, l'angoisse commence à t'étreindre sérieusement. Tu es pris en sandwich entre l'ennui et le désarroi, entre de vagues désirs d'espaces lointains - partout mais pas ici - et de vagues de dons tombant du ciel par miracle et peut-être encore - c'est terrible - es-tu obnubilé par ce désir de tendresse innassouvie que tu ne vois nulle part dans ce brouillard à la trame de plus en plus dense, comme le filet qui se resserre sur l'animal sauvage auquel tu ressembles davantage à chaque instant .
Tu peux même en arriver à hurler, à ruer, à sauter, à cogner les murs de ta tête, à maudire la terre entière responsable de tes malheurs. C'est con quand-même, tu en conviendras.
La tempête à l'intérieur, rien de pire pour le voyageur. C'est le plus vicieux des pièges.
La carte, bon sang !... Là, peut-être, un miracle, une ouverture dans la poix qui t'entoure, un réflexe de survie plus profond qui émerge et te donne la force de respirer un bon coup.
Tu souffles. Tu t'asseois sur ton paddock et te désolidarise de ce magma en fusion grâce, sans doute, à une de ces qualités innées dont tu as à peine conscience et qui font bien partie de ta vie, pourtant. Tu décides de regarder. Tu as accepté la douleur, la mort, tous les désespoirs et tu commences d'ailleurs à trouver cela un peu dérisoire, que diable. Tu t'admonestes. Tu te traites de crétin. Bien, c'est un bon début : le joker commence à se montrer.
Et le spectacle commence. Comme ton esprit critique est assez développé, tout y passe. Tu n'es pas tendre avec toi-même. Doucement, mon gars, ne donne pas dans ce genre d'excès non plus. Ça ne fait qu'alimenter ton sentiment d'importance. C'est malin, tu sais, les gyrophares des consciences. Faut y aller à pas de loup.
Et puis, tranquillisé maintenant, tu commences à apercevoir quelque chose : ça bouge sans arrêt et si tu sais te tenir peinard devant cette foule bruyante du labyrinthe de tes pensées, sans te laisser distraire, c'est beaucoup plus vivable. Et même si tu en viens à convenir que tu n'es qu'un raté, que tu as mené ton existence sans qualités manifestes, même cela ne te déstabilise plus. Tu as enfin compris qu'un cavalier doit rester stable sur sa monture. Pas évident, c'est sûr, mais c'est déjà la première leçon de ton joker que tu as réussi à avaler, mon couillon ! Si ce n'est pas du pot, qu'est-ce que c'est ?
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